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Carole
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MessagePosté le: Mar 15 Jan 2013 - 11:32    Sujet du message: Liens pour homélies

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http://moineruminant.wordpress.com/2013/01/13/la-fete-du-bapteme-du-seigneu…




La fête du Baptême du Seigneur
Publié le 13 janvier, 2013 par moineruminant
Depuis les tout premiers siècles du christianisme, la fête des Rois et la fête du Baptême du Seigneur ont toujours été associées à l’Épiphanie du Seigneur, à sa manifestation au monde. C’est ainsi que le Fils de Dieu est révélé au monde lors de la visite des mages, qui représentent les nations païennes, et son baptême par Jean Baptiste, que l’on célèbre aujourd’hui, marque le début de son ministère public, où la voix de Dieu se fait entendre et nous dévoile l’identité réelle de Jésus : « C’est toi mon Fils : moi aujourd’hui je t’ai engendré ».
http://www.pagesorthodoxes.net/fetes/images/theophanie.jpg
  
Remarquez que chez tous les évangélistes, le ministère public de Jésus commence à l’occasion de son baptême. La tradition est très ferme sur ce point. Et il y a donc là un évènement qui est d’importance capitale dans la vie de Jésus et, par le fait même, pour nous.Précisons tout d’abord que le baptême de Jean Baptiste, ce n’est pas encore le baptême chrétien. Il s’agit d’une démarche de pénitence et de conversion qui n’est pas une coutume juive traditionnelle, mais un rituel propre à Jean Baptiste, et qui survient alors qu’il y a une grande effervescence dans toute la Judée. Le contexte historique et social est le suivant.
La voix du dernier prophète s’est éteinte 450 ans plus tôt avec la mort du prophète Malachie. Le pays lui est sans roi depuis près de six cents ans, constamment occupé par des envahisseurs païens. Et le peuple se demande quand vont se réaliser les promesses de Dieu tant annoncées par les prophètes. N’est-ce pas Isaïe qui proclamait dans notre première lecture : « Voici votre Dieu. Voici le Seigneur Dieu : il vient avec puissance et son bras est victorieux ». Mais même Isaïe semble pousser un soupir d’impatience quand il s’exclame : « Ah ! Si tu pouvais déchirer les cieux et descendre ». Si tu pouvais enfin venir nous sauver!
En réponse à ces promesses, et à cette attente, survient Jean Baptiste le prophète à une époque d’effervescence, d’attente messianique surtout chez les pauvres de Dieu. On les appelle les anawim. Ils sont ceux qui attendent tout de Dieu comme la Vierge Marie, Joseph et Syméon. De plus en plus, des voix se font entendre pour dire que le messie va bientôt venir, que Dieu va enfin accomplir sa promesse.
Certains se demandent si ce n’est pas Jean Baptiste qui est le Messie, mais lui il annonce la venue d’un plus puissant que lui, et quand il le reconnaît en la personne de Jésus, il s’étonne toutefois de sa présence dans les eaux du Jourdain. Même Jean-Baptiste est décontenancé par ce Messie qui prend place parmi les pécheurs, et les plus pauvres.
Une question s’impose à nous en cette fête : pourquoi Jésus se fait-il baptiser? L’évangéliste Luc nous raconte ce qui suit : « Comme tout le peuple se faisait baptiser et que Jésus priait, après avoir été baptisé lui aussi, le ciel s’ouvrit ». La présence de tout le peuple lors du baptême de Jésus est propre à Luc parmi tous les récits des évangélistes. Luc veut ainsi nous rappeler que le Fils de Dieu qui s’est fait homme assume pleinement notre condition humaine ; qu’il la prend sur lui avec son poids de péché, qu’il marche avec nous, qu’il se tient parmi nous comme le grand priant, le grand intercesseur. L’évangéliste Luc veut nous montrer que Jésus se fait solidaire des hommes et des femmes en quête de sens et de pardon, et ainsi il veut nous montrer à quel point Jésus s’est lié à notre humanité.
Ensuite dans le récit du baptême, nous entendons la voix de Dieu, cette voix qui déchire les cieux et qui vient réaliser le rêve du prophète Isaïe, et qui nous dévoile l’identité même de Jésus. Il est le Fils bien-aimé du Père. Et quand Dieu dit : « aujourd’hui je t’ai engendré », c’est là la reprise d’un psaume qui était dit lors de l’intronisation d’un roi en Israël, ainsi qu’à chacun de ses anniversaires. Jésus est ici proclamé non seulement Fils de Dieu, mais il est déclaré Seigneur, Roi de l’Univers. Voilà comment les évangélistes nous présentent Jésus au tout début de son ministère.
Quant à la colombe, non seulement elle nous introduit dans le mystère trinitaire, car le Père, le Fils et l’Esprit Saint sont présents dans cette scène du baptême, mais la colombe est aussi symbole de création et de renouveau. On pense ici à la colombe après le déluge ou encore à l’esprit du Seigneur qui planait sur les eaux au moment de la création du monde. En somme, ce que veut nous dire l’évangéliste Luc, c’est que l’heure de la nouvelle création a sonné. Et non seulement Jésus est-il Dieu avec nous, mais il est aussi Dieu pour nous. Son baptême est l’expression de son amour pour nous, un amour qui se donnera jusqu’à la mort, et déjà, par ce baptême qu’il reçoit, Jésus nous prend sur ses épaules, comme il a pris sa croix. Il prend sur lui nos péchés et se fait baptiser avec le peuple, solidaire.
L’iconographie orientale a bien saisi ce mystère du Baptême de Jésus en représentant toujours Jésus comme se faisant baptiser dans un tombeau rempli d’eau. Les eaux symbolisant à la fois la mort, le shéol, le lieu où sont en attentes tous les défunts depuis Adam et Ève, et que Jésus va aller chercher. Les eaux symbolisent aussi la vie, ces eaux vives que le Christ va offrir à la Samaritaine, ces eaux qu’il va transformer en vin des noces, comme à Cana.
Les icônes du baptême de Jésus sont très semblables à celles de sa résurrection des morts. Et dans cette vision du Christ qui se fait baptiser, c’est déjà le Christ victorieux qui nous est présenté au début des évangiles. Il est le nouveau Moïse qui franchit la mer sans y être englouti. Plongé dans l’eau de la mort, il en ressort victorieux, et il nous entraine avec lui vers l’autre rive, celle où demeure le Père. Voilà le mystère frères et sœurs que contemple l’Église en cette fête du Baptême du Seigneur.
Ce qui se produit au baptême de Jésus est une anticipation de notre propre baptême dans le Christ. Chacun et chacune de nous a été marqué par le don de l’Esprit Saint à son baptême et au plus profond de notre cœur, depuis ce jour, jusqu’à notre entrée dans l’éternité de Dieu, se fait entendre cette voix intérieure qui nous dit : « Tu es ma fille bien aimée, tu es mon fils bien-aimé, en toi j’ai mis tout mon amour. » C’est là le sens de notre baptême. Nous sommes recréés dans le Christ, aimé du Père comme lui et c’est pourquoi la fête d’aujourd’hui est une occasion privilégiée pour nous redire toute l’importance et la grandeur de notre baptême.
Cette semaine une personne me demandait si je faisais autant de baptêmes que de funérailles à notre paroisse. Malheureusement, la réponse est non. Et cela devrait nous attrister parce que trop d’hommes et de femmes ignorent à quel point Dieu les aime et combien cet amour a le pouvoir de transfigurer leur vie. Il ne s’agit pas de convertir pour faire nombre, ou de se rassurer en n’étant pas les seuls à croire. Non. Il s’agit avant tout de partager avec d’autres ce bonheur de croire en Dieu, de la même manière qu’on ne peut garder pour soi notre émerveillement devant un livre ou un film qui nous séduit, ou un coucher de soleil à couper souffle. Quand nous aimons, il est normal de vouloir partager ses coups de cœur avec les autres. Et il n’y a pas plus grand coup de cœur que le bonheur de croire, que la présence de Dieu dans une vie, qui de mille et une manière nous redit sans cesse : « Tu es ma fille bien aimée, tu es mon fils bien-aimé, en toi j’ai mis tout mon amour. » Voilà la bonne nouvelle de Jésus Christ qu’il nous invite à célébrer en ce dimanche et à proclamer au monde entier avec lui. Amen.






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Carole
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MessagePosté le: Dim 10 Fév 2013 - 14:43    Sujet du message: moine ruminant

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5e Dimanche du temps ordinaire. Année C.
Publié le 10 février, 2013 par moineruminant
Isaïe 6,1-2a.3-8 – Cor 15, 1-11 – Luc 5, 1-11   
Frères et sœurs, j’aimerais vous raconter une histoire de pêche. Cela se passe au Rwanda, où j’ai habité en 2009 pendant près d’un an. Alors que je me promenais avec des frères au bord du grand lac Kivu, un lac qui fait un peu plus de cent kilomètres de long par cinquante de large, je vis une flottille de bateaux de pêche se diriger vers le large à la queue leu leu. Il s’agissait de petits chalutiers artisanaux, des pirogues à deux coques, propulsées par une bonne demi-douzaine de pêcheurs, maniant des pagaies au rythme d’un chant à la fois profond et cadencé, quasi-religieux.C’était à la brunante et la petite flottille composée de quinze bateaux environ appareillait pour la nuit. Chacune des pirogues avait une lampe allumée à sa proue et toutes les dix ou quinze minutes, une nouvelle pirogue quittait le petit port de pêche sous l’acclamation de leurs proches. Comme dans un ballet bien synchronisé, elles s’en allaient toutes dans la même direction afin d’y tendre leurs filets. Un spectacle fascinant qui me parlait de ces hommes partant de nuit, gagner leur vie, espérant faire une pêche abondante afin de nourrir leurs familles.
Tout bon pêcheur le sait, la pêche au filet pour être fructueuse doit se faire de nuit. Pourtant, dans le récit évangélique de ce dimanche, nous retrouvons Simon Pierre et ses compagnons qui rentrent bredouilles de leur nuit de pêche. L’évangéliste Luc nous décrit la scène.
Pierre et ses compagnons sont là sur la plage au petit matin à nettoyer leurs filets. Et voilà que Jésus se tient sur le rivage, entouré par la foule. Nous sommes près de Capharnaüm, là où Jésus a expulsé un démon d’un possédé à la synagogue, là où il a guéri la belle-mère de Pierre, ainsi qu’un grand nombre de malades. Le texte précise que cette foule est là pour écouter Jésus commenter la parole de Dieu. C’est alors que Jésus monte dans une barque qui appartient à Simon Pierre et s’éloigne du rivage pour enseigner à la foule.
La prédication terminée, il invite Pierre à s’avancer au large et à lancer les filets. Avec la foule, nous sommes alors témoins de la puissance créatrice de la parole du Christ. Remarquez que la nuit est terminée.
Comment penser qu’il soit possible de faire mieux en plein jour, si la pêche a été infructueuse de nuit? Mais Pierre fait confiance à Jésus. On retrouve dans ce récit un certain parallèle avec l’attitude de Marie devant l’ange Gabriel : « Qu’il me soit fait selon ta parole » avait-elle répondu. « Puisque tu me le demandes, dit Pierre, je vais lancer les filets ».
Le résultat ne se fait pas attendre. C’est la pêche miraculeuse! Les filets sont pleins à tout rompre et le sens du miracle nous est dévoilé quand Jésus dit à Pierre : « Désormais, ce sont des hommes que tu prendras ».
En grec, le sens du mot employé ici veut dire « prendre vivant » ; quand il s’agit de poissons, c’est les tuer parce que la mer est leur milieu naturel… Mais quand il s’agit des hommes que l’on arrache à la mer, le verbe employé signifie sauver : prendre vivantes des personnes, les arracher à la mer, les empêcher de se noyer, les sauver. (Thabut)
Bien sûr, la mission de l’Église trouve son fondement dans ce récit, et sans cesse, elle est invitée à lancer les filets. Mais n’est-ce pas là la tâche des missionnaires, des évangélisateurs, des catéchètes? Si je ne suis ni missionnaire, ni évangélisateur, ni catéchète, comment vais-je lancer le filet?
Je me souviens, après un long séjour chez les Trappistes à Oka, j’avais fait le constat suivant : me retrouvant à l’église pour la prière de la nuit, les vigiles, qui sont célébrées à 4 h du matin, j’en étais arrivé à cette conclusion que l’église était la véritable demeure des moines. Non pas leur chambre, ni le réfectoire ou les lieux de travail, mais l’église abbatiale. La chambre n’étant qu’une sorte de salle d’attente ou de repos, en attendant de se retrouver dans le seul lieu qui compte pour les moines : l’église. Cette nef m’apparut alors comme le navire du moine, ce marin de la vie spirituelle, dont tout le quotidien est tendu vers ce lieu de la prière communautaire où, ensemble, plusieurs fois par jour, les moines prennent la mer afin d’aller y tendre leurs filets au nom de Dieu, priant, intercédant pour les hommes et les femmes de ce monde.
S’il en est ainsi des moines qui ne quittent pas leur monastère, que dire alors de chacun et chacune de nous ici qui, à chaque jour dans la cité, levons les voiles et prenons la mer? La réponse confiante de Pierre à Jésus n’est-elle pas l’expression la plus achevée de toute remise de soi-même entre les mains de Dieu : « Maître, sur ton ordre, je vais jeter les filets encore aujourd’hui ».
Dans l’épître aux Hébreux, il est écrit : « Jésus Christ, hier et aujourd’hui, est le même, il l’est pour l’éternité » (Heb 13, 8). Sa parole est agissante pour nous aujourd’hui, comme hier, comme elle le sera demain. Telle est notre foi. Et quand nous nous offrons à Dieu, quand nous lui disons comme le prophète Isaïe : « Moi je serai ton messager, envoie-moi », ou encore « fais de moi ton instrument », nous devenons alors des pêcheurs d’hommes, la parole du Christ se réalise alors en nous et il n’y a pas de plus grand bonheur. C’est la joie d’être disciple qui s’accomplit en nous.
Chaque parole bienveillante, chaque encouragement, chaque marque de tendresse et de réconfort; le moindre petit service, le travail quotidien fait consciencieusement, le temps donné gratuitement, l’écoute généreuse et attentive de celui ou de celle qui souffre, ces mille et une manière de signifier ce trop plein d’amour que le Christ a déversé en nos cœurs, c’est cela aussi lancer les filets. La parole de Dieu ce matin nous invite à la confiance et à l’audace en dépit des vents contraires dans nos vies, des résultats décevants ou même des échecs apparents, car le ressuscité est toujours là sur le rivage de nos vies.
C’est la nature même de notre foi au Christ qui nous permet d’affirmer que notre Dieu est le Dieu de l’Impossible et qu’il nous est demandé à nous, de tout simplement faire confiance et de lancer les filets. De croire que notre prière, nos gestes fraternels, notre vie quotidienne, vécues dans la foi, ont ce pouvoir de transformer le monde, de sauver les hommes et les femmes qui l’habitent.
C’est là l’invitation que nous fait Jésus Christ en son Église : Partir de nuit, comme de jour, nos lampes bien allumées, assumant pleinement et avec courage chacune des journées qui nous est donnée, reconnaissant humblement comme saint Paul, que ce que nous sommes en tant que croyants, nous le sommes par la grâce de Dieu, confiants qu’en nous remettant entre ses mains, nous pourrons nous aussi dire comme Paul : « la grâce dont il m’a comblé n’a pas été stérile ».
À nous maintenant, après une semaine en mer depuis notre dernier rassemblement dominicale, de tirer nos filets vers le rivage de cette eucharistie où le Christ nous attend. Amen.


Yves Bériault, o.p.
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Dernière édition par Carole le Dim 10 Fév 2013 - 14:52; édité 2 fois
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MessagePosté le: Dim 10 Fév 2013 - 14:49    Sujet du message: Liens pour homélies

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La communion des mains
Publié le 3 février, 2013 par moineruminant
Depuis que je suis prêtre, j’ai toujours été fasciné par ces mains qui se tendent vers moi pour recevoir la communion. Elles me parlent de la personne qui les tend et me dévoilent un peu sa foi. Je suis le témoin d’un mystère de communion qui se profile devant moi.
Depuis que je suis prêtre, je ne compte plus les milliers de mains ou dizaines de milliers de mains qui se sont tendues vers cette petite hostie entre mes doigts. À chaque eucharistie défilent devant moi des mains de toutes sortes, avec leurs faims, leurs désirs et leurs secrets.
Il y a les mains pressées, ou est-ce de la timidité, des mains brusques, qui enlèvent littéralement le Corps du Christ. Des mains promptes à prendre et promptes à se retirer, emportant avec elles leur secret.
Il y les mains timides, les mains qui semblent quémander le Corps du Christ. Elles hésitent, elles sont malhabiles et se retirent un peu confuses. Mais il y aussi les mains fières et indifférentes, qui reçoivent l’hostie comme un dû, qui prennent et s’en vont, distraites, sans rien dire. Il y aussi les mains qui adorent, qui contemplent déjà en s’offrant. Ce sont des mains sereines, des mains de foi, tout ouvertes au mystère.
Et que dire de ces mains usées, tannées par le travail, mains rugueuses, parfois sales? Je revois ces mains de cultivateurs ayant passé la journée aux champs. Ce sont les plus impressionnantes. Il y a aussi les mains usées et ridées des vieux et des vieilles. Ce sont des mains fidèles et persévérantes. On voudrait les baiser. Et bien qu’elles tremblent un peu, elles respirent la confiance en Dieu et la foi têtue. Ce sont les plus belles avec les mains d’enfants, qui sont parmi mes préférées. Quand elles sont toutes petites encore elles sourient au mystère de Dieu qui se dépose dans ces petites menottes. Ce sont des mains pleines de joie et de fraîcheur lorsqu’elles communient. Elles me rendent joyeux et heureux d’être prêtre.
Mais les mains qui m’émeuvent tout particulièrement, ce sont les mains des itinérants (SDF). On en voit peu. Mais lorsqu’elles se présentent, on les remarque toute de suite. Des mains abîmées précocement, cicatrisées, sales, parce que laissées à elles-mêmes, seules, abandonnées. Elles hésitent souvent lorsqu’elles s’avancent, mais à chaque fois je me dis : « Que voilà des mains courageuses. » Elles ressemblent sans doute aux mains du Christ.
Recevoir le Corps du Christ, c’est prendre entre ses doigts ce qu’il y a de plus précieux dans la création. Pour Simone Weil, l’hostie nous place au degré le plus infime de la Création, et parce que justement ce degré est le plus bas, il est le plus capable de recevoir l’infini. Et cette main du prêtre qui tend l’hostie, c’est la main du Christ, qui dispense en toute gratuité le grand mystère de l’Amour fait chair.


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MessagePosté le: Dim 10 Fév 2013 - 18:27    Sujet du message: Liens pour homélies

Merci Caro., c'est un beau texte sur "la communion des mains".
j'ai pris plaisir à le lire .

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MessagePosté le: Lun 11 Fév 2013 - 23:42    Sujet du message: Liens pour homélies


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MessagePosté le: Sam 16 Fév 2013 - 13:48    Sujet du message: Liens pour homélies

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Mercredi des Cendres : Entrons en Carême
Publié le 12 février, 2013 par moineruminant
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En entrant en Carême, nous sommes invités à aller au désert. Ce désert pour le peuple hébreu va devenir le lieu de l’épreuve et de la tentation, mais avant tout le lieu de la présence de Dieu. Un temps de passage où Dieu accompagne, nourrit, désaltère, conduit. Le désert est un lieu où l’on vit l’expérience de se situer devant Dieu comme seul guide, c’est le temps de la confiance et de la fidélité, c’est un retour à l’essentiel.
Entrer au désert, c’est se rappeler chaque année que l’essence même de la vie de foi se vit dans une sorte d’abandon entre les mains de Dieu, dans cette attitude du Fils, qu’est Jésus, et qui se laisse conduire par l’Esprit Saint. Ce désert évoque aussi la tentation, la présence de forces adverses en nous qui veulent nous faire renoncer à notre vie d’enfant de Dieu. Et souvent nous tombons, nous cédons… C’est pourquoi le désert est aussi une expérience de conversion, un appel à renoncer à nos façons de faire qui sont parfois un refus de l’amour de Dieu et un refus de l’autre.
Le Carême est un appel à la conversion, mais avons-nous besoin de conversion? Nous convertir de quoi? Tant que nous n’aurons pas saisi l’enjeu de cette conversion, nos prières, nos célébrations, nos eucharisties demeureront stériles. Si la grâce de Dieu nous est donnée, il faut coopérer à la grâce afin d’être des signes lumineux dans le monde. Un incroyant disait à Henri Grouès, l’abbé Pierre : « Monsieur le curé, je ne sais pas si le Bon Dieu existe, mais je suis sûr que s’il existe il est ce que vous faites ».
Mais l’on se sent tellement démuni devant ce monde qui constamment nous glisse entre les mains, comme un enfant turbulent que l’on voudrait retenir, mais qui nous échappe constamment, et qui est capable du meilleur et du pire. Non pas que l’homme soit mauvais, mais il y a la contagion du mal, comme il y a la contagion de l’amour.
Non pas que nous soyons méchants, mais nous aussi, nous laissons parfois dominer le mal sur nos vies. À petite échelle, ça semble avoir bien peu de conséquences. Petite parole désobligeante, envie et jalousie, un certain plaisir à s’en prendre à des personnes parce qu’elles ne nous plaisent pas. Un petit geste malhonnête, surtout quand c’est le gouvernement. Refuser de pardonner, alimenter la haine… une foule de petits massacres en puissance que l’on sème sur notre passage, tandis que les enfants épient nos paroles et nos gestes. Et l’on a pas besoin de conversion me dites-vous ! « Revenez à moi de tout votre cœur », nous dit le Seigneur. (Joël 2, 12).
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MessagePosté le: Dim 24 Fév 2013 - 21:07    Sujet du message: Liens pour homélies

http://moineruminant.wordpress.com/2013/02/24/homelie-pour-le-2e-dimanche-d… Homélie pour le 2e Dimanche de Carême. La Transfiguration.

La transfiguration
Publié le 24 février, 2013 par moineruminant

« J’ai un fils de 4 ans à qui j’ai raconté l’histoire de Jésus avec l’aide d’un livre pour enfant. Sa réaction fulgurante m’a prise au dépourvu. Il s’est mis à pleurer de ne pouvoir voir Dieu. Il est alors venu se réfugier dans mes bras et il est demeuré ainsi plusieurs minutes, à pleurer silencieusement. Même si nous lui disions, son père et moi, que nous ne pouvons pas plus voir Dieu que lui, mais que nous le ressentions, que la création était une preuve de sa présence, rien n’y faisait. Nous lui avons donc raconté qu’à Noël, nous ne pouvons voir le Père Noël puisqu’il doit s’occuper de tous en même temps, tout comme Dieu à tous les jours, mais que nous savions qu’il est passé par les cadeaux trouvés au matin, tout comme nous savons que Dieu existe par l’amour et la création. Je me demande ce que je peux faire de plus. Une maman bien dépourvue ».
Voilà une touchante histoire et j’espère que ce petit garçon, quand il sera grand, aura toujours ce profond désir de voir Dieu. Cela peut sembler déraisonnable, mais n’est-ce pas le psalmiste aujourd’hui qui s’écrie : « C’est ta face Seigneur que je cherche, ne me cache pas ta face ». En fait, ce petit garçon exprime du haut de ses quatre ans cette réalité qu’avait déjà pressenti le grand saint Augustin : « Tu nous as fait pour Toi et notre cœur est sans repos jusqu’à ce qu’il repose en Toi ».
Le christianisme affirme une chose qui dépasse l’entendement; non seulement Dieu veut-il se faire connaître de nous, mais il s’est fait l’un de nous, et il porte un visage, le visage de Jésus-Christ !
Dans la Bible, Dieu est décrit comme une « lumière inaccessible », et pourtant, c’est ce mystère lumineux qui se présente à nous dans le récit de la transfiguration. Cette scène de l’Évangile est une allégorie extraordinaire de la suite du Christ, un véritable chemin initiatique, symbolisé par cette montagne qui se dresse devant nous ce matin.
Il est important de souligner que l’événement de la Transfiguration survient après la première de trois annonces que fait Jésus de sa passion à venir. C’est déjà la montée vers Jérusalem qui se profile et Pierre s’y oppose violemment. Les disciples sont bouleversés. Ils ont peur. Leurs certitudes, leur confiance en Jésus, sont mises à l’épreuve, et c’est dans ce contexte que Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean et les amène sur la montagne afin de les préparer à vivre la passion à venir.
Mais au-delà de cette pédagogie de Jésus à l’endroit des trois apôtres, le récit nous dévoile aussi toute la grandeur du mystère de l’être chrétien, de la vocation à laquelle nous engage notre baptême et que nous célébrerons à nouveau à Pâques.
Je vous propose ce matin que nous fassions ensemble l’ascension de cette montagne de la Transfiguration avec Jésus, une montée qui se fera en trois étapes. Le versant nord, le sommet et le versant sud.
Le versant nord est celui de l’ascension de la montagne. C’est le côté abrupt et aride, jouissant très peu de la lumière du soleil. C’est une montée qui se fait dans l’obscurité, l’obscurité de la fragilité humaine, de nos vies aux prises avec le mal et le péché. C’est un lieu de doute et de combat pour nous, comme pour les disciples qui ont entrepris cette montée. Mais ils ne sont pas seuls. Jésus monte avec eux. Et il en est ainsi pour nous.
Cette montée du versant nord se compare à un temps de conversion, un temps de retour vers Dieu, afin de retrouver l’intimité perdue au fil du quotidien. L’enjeu, c’est le rapprochement avec le Christ et il n’y a pas de rapprochement possible si l’on ne prend pas la pleine mesure de nos pauvretés, de notre besoin infini de Dieu. Voilà pourquoi il faut s’engager avec Jésus dans cette ascension à laquelle il nous convie. Cette montée est comparable au temps du Carême.
C’est seulement après un tel parcours que l’on parvient au sommet, où le spectacle se déploie alors sous nos yeux. Nous contemplons alors le mystère trinitaire. Au sommet, les disciples entrent dans la pleine lumière où ils deviennent témoins de la prière de Jésus. Une prière qui a ses racines dans la grande histoire biblique de l’amour de Dieu pour nous, révélée par la Loi et les Prophètes, et dont Moïse et Élie sont les témoins.
Sur cette montagne se retrouve le Fils, déjà préfiguré dans l’A.T. par la figure d’Isaac offert en sacrifice par son père Abraham. Jésus, qui fait en tout la volonté de son Père, s’offre lui-même afin de rétablir l’humanité dans sa pleine dignité. Avec Moïse et Élie, il parle de son exode vers Jérusalem, de la passion à venir.
Au même moment, la gloire de Jésus se manifeste aux trois apôtres, et la scène que nous contemplons devient comme une icône de la Trinité. Le Père s’entretient avec le Fils alors que les disciples entrent dans la nuée, symbole de l’Esprit Saint.
Pierre, Jacques et Jean sont alors saisis de crainte, la crainte sacrée devant le divin. À l’exemple de David, qui voulut construire une maison pour l’Arche d’Alliance, Pierre offre de monter trois tentes : une pour Élie, une pour Moïse et une pour Jésus. « Il ne savait pas ce qu’il disait », commente laconiquement l’évangéliste Luc. Pierre n’a pas encore compris que c’est Dieu qui est venu planter sa tente parmi les hommes. Voilà ce qu’annonce cette rencontre au sommet. La voix du Père nous le déclare : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, celui que j’ai choisi, écoutez-le! »
Cette écoute du Fils n’est possible que dans cette contemplation du mystère de la personne de Jésus. Si l’ascension du versant nord nous a rappelé l’importance de la conversion continuelle dans la vie du baptisé, elle a pour but cette contemplation de l’être même de Jésus, lui le Fils bien-aimé du Père. Nous contemplons son mystère afin d’entrer avec lui dans cette lumière inaccessible qu’est Dieu. Nous sommes ici au cœur de la fête de Pâques qui est dévoilée aux apôtres par anticipation. Plus tard, ils comprendront.
Saint Pierre affirmera dans sa première lettre : « Cette voix, nous, nous l’avons entendue; elle venait du Ciel, nous étions avec lui sur la montagne sainte ». Saint Jean lui écrira : « Ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché du Verbe de vie, nous vous l’annonçons pour que votre joie soit complète ».
Enfin, nous voici au troisième versant de la montagne, alors que nous nous engageons dans la descente. C’est le versant sud, celui qui est le plus ensoleillé. Les disciples baignent dans la lumière de la résurrection, c’est la victoire du Christ sur la mort. Les ténèbres ont disparu!
À la Vigile pascale et au matin de Pâques, l’Église chante aux nouveaux baptisés : « Resplendis! Sois illuminé! » C’est cette réalité profonde qui anime ceux et celles qui font la rencontre de Christ ressuscité. Ils sont illuminés de la joie pascale. Ils redescendent dans la plaine des activités humaines avec le Christ. C’est le temps de l’Église.
Il peut paraître étonnant de trouver le récit de la Transfiguration au cœur de notre Carême, mais dans notre marche vers Pâques, la liturgie veut nous rappeler l’essentiel, notre destinée, qui est de devenir comme le Christ, « lui, comme nous le dit saint Paul, qui transformera nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux » (Phil 3, 21). C’est cette transformation qui est à l’œuvre en chacune de nos eucharisties. Elles deviennent pour ainsi dire le mont de la Transfiguration où le Christ nous convie à chaque dimanche. Amen.
Yves Bériault, o.p
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MessagePosté le: Dim 10 Mar 2013 - 13:24    Sujet du message: Liens pour homélies

Homélie pour le quatrième Dimanche du Carême. Année C.
Publié le 10 mars, 2013 par moineruminant

Aujourd’hui, Jésus nous raconte une histoire. Une de ses plus belles histoires dont lui seul a le secret. Une histoire comme bien des histoires que l’on raconte aux enfants : « Il était une fois un homme… »
Mais pourquoi Jésus raconte-t-il cette histoire? L’évangéliste Luc nous en donne l’explication suivante : « Les collecteurs d’impôts et les pécheurs s’approchaient tous de Jésus pour l’écouter. Et les pharisiens et les scribes murmuraient; ils disaient : “Cet homme-là fait bon accueil aux pécheurs et mange avec eux !”  La parabole de l’enfant prodigue est donc une réplique à la critique des opposants de Jésus.
Comme une pièce de théâtre, elle met en scène différents personnages, mais l’acteur principal, c’est le Père. Cette parabole aurait pu s’intituler “la parabole de la miséricorde du Père”, tellement le visage que Jésus nous dépeint de lui est étonnant, surprenant même. Est-ce que Dieu peut nous aimer à ce point? Les pharisiens et les scribes semblent en douter.
Jésus nous raconte l’histoire d’un jeune homme qui dépouille littéralement le père de son bien quand il quitte la maison avec sa part d‘héritage. Mais le Père le laisse aller. L’agir du fils cadet va aller à l’encontre de toutes les valeurs de sa famille : il s’établit dans un pays païen, il devient le gardien d’un troupeau de porcs, un animal impur pour les Juifs. Il mène une vie dissolue et, d’après son frère, il aurait dépensé tout son argent avec les files. Ici, l’on sent la méchanceté de l’aîné, mais nous y reviendrons.
Le Père lui ne cesse d’attendre son fils devant la maison. Il l’attend sans doute depuis son départ, et quand il le voit revenir, il se jette à son cou. Le fils cadet n’a même pas le temps de dire à son père toute la formule de regret qu’il avait préparé. Le Père le prend dans ses bras, il l’embrasse et il ordonne aux serviteurs de préparer la salle pour la fête.
Le fils cadet n’est pas dépouillé de sa dignité aux yeux du Père parce qu’il a péché. Au contraire, le Père s’écrie : “Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller. Mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds.”
Le père revêt son fils des habits de l’élection, de la bénédiction. Le fils est choisi à nouveau par son père. Il est revêtu des sandales de l’homme libre, de la bague des fiançailles, et il est invité au banquet des noces. “Allez chercher le veau gras, tuez-le; mangeons et festoyons. Car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie; il était perdu, et il est retrouvé.”
Par cette parabole Jésus veut nous révéler ce visage trop souvent méconnu de Dieu, pour qui il n’y a pas de pays, aussi lointains soient-ils, de situations, aussi désespérées soient-elles, dont on ne peut revenir. Jésus raconte cette parabole parce qu’on l’accuse de faire bon accueil aux pécheurs. Elle met en scène un fils aîné qui représente ces pharisiens et ces scribes qui critiquent Jésus. Le fils cadet lui représente les pécheurs qui ont besoin de guérison, et qui, dans leur exil, ont entendu la Bonne Nouvelle du Christ, et ont repris le chemin vers la maison du Père.
Maintenant, il est important de souligner l’attitude du Père à l’endroit du fils aîné, lui qui refuse d’entrer dans la salle du festin. Le père va même sortir pour aller lui parler. Une invitation lui est faite à prendre part au grand pardon de Dieu. “Mon enfant, lui dit-il, toi tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi.”
Voyez comme le père l’aime lui aussi, alors que le fils aîné semble tout ignorer de cet amour du Père pour lui. Le Père prend même la peine de s’expliquer : “Mais il fallait festoyer et se réjouir, parce que ton frère que voici était mort et il est vivant, il était perdu et il est retrouvé.” Remarquez que le père ne dit pas “mon fils que voici était perdu…”, mais plutôt “ton frère que voici”. Le fils cadet n’est pas seulement un fils pour son Père, mais il est aussi un frère pour le frère aîné et tous les deux sont aimés tout autant.
Jésus nous enseigne aujourd’hui que notre Père du ciel est un Dieu d’amour et de miséricorde, et que dans son pardon nous trouvons la guérison. Les paroles du Père pour le fils aîné sont tout aussi empreintes de tendresse que pour le fils cadet, car Dieu aime tous ses enfants. Dans nos vies, l’on peut être tour à tour fils cadet et fils aîné, fille cadette et fille aînée, mais Jésus dans cette parabole nous invite à aller plus loin. Il nous invite à devenir comme le Père.
Vous connaissez l’expression “tel père, tel fils”, “telle mère, telle fille”. La parabole de l’enfant prodigue nous est racontée pour nous dévoiler le vrai visage de Dieu, et pour nous inviter à devenir comme Lui, à porter avec Lui le souci du monde, à aimer avec Lui tous nos frères et sœurs où qu’ils soient, quelles que soient leurs situations.
Tous ensemble, nous avons la charge de tous les humains, d’ici et d’ailleurs, chacun et chacune de nous, selon nos possibilités, nos talents, nos ressources. Nous avons tous un rôle à jouer dans ce ministère de la réconciliation qui nous est confié en Église. Comme nous le rappelle saint Paul, nous sommes tous des ambassadeurs du Christ, et le premier pas qui mène vers l’autre, est tout d’abord de porter le souci de cet autre, de ne pas vivre dans l’indifférence, dans l’ignorance de l’autre, surtout les plus pauvres. Nous devenons des reflets du visage du Père quand nous avons le souci des plus malheureux. Voilà ce à quoi Jésus nous invite dans la parabole de l’enfant prodigue.
Je me souviens de cette jeune infirmière qui revenait d’Haïti et qui pleurait en me racontant la misère qu’elle avait vue là-bas, et qui m’avait dit : “Il me semble, que le bon Dieu doit avoir honte de nous.” En dépit du propos, je la trouvais belle dans son indignation et dans sa tristesse. Je me disais : “voilà vraiment la fille de son père, son Père du ciel. Comme il doit se reconnaître en elle”.
Vivre les valeurs évangéliques, refléter le visage de Dieu, est un long et patient travail sur nous-mêmes, et qui est rendu possible si nous marchons avec Jésus. Ce matin, il vient nous rappeler que Dieu nous aime d’un amour fou, déraisonnable, parce que nous sommes ses enfants bien-aimés et qu’Il nous attend au festin du Royaume. Il guette notre arrivée. N’est-ce pas là un motif suffisant pour nous inciter à participer à la grande fête de Dieu avec l’humanité?
D’ailleurs, cette fête est déjà commencée. Nous la célébrons en chacune de nos eucharisties en attendant la grande fête du ciel. Amen.
Yves Bériault, O.P.
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MessagePosté le: Dim 17 Mar 2013 - 11:58    Sujet du message: Liens pour homélies

Père Yves Bériault fait partie de ma paroisse de Saint Dominique,il est lui-même dominicain  et je suis bien fière de lui.
C'est un homme de Dieu,à son image et à sa ressemblance. Lisez-le et vous pouvez lui laisser un commentaire ,s'il y a lieu.Je mets le lien où vous pouvez mettre un commentaire ,à votre discrétion.

http://moineruminant.wordpress.com/2013/03/17/jesus-et-la-femme-adultere-5e…
Jésus et la femme adultère. 5e Dimanche du Carême. Année C
Publié le 17 mars, 2013 par moineruminant

Ce récit est une des scènes les plus dramatiques des évangiles. Sans doute à cause de la sobriété du récit où la violence est palpable, et où Jésus met sa vie en jeu comme jamais auparavant dans les évangiles. Il le fait pour une personne prise en flagrant délit d’adultère, une coupable selon la Loi, dont la faute entraîne la lapidation. Une personne, en entendant ce récit, me disait que si un jour elle avait à vivre une situation semblable de mise en accusation, elle voudrait bien avoir Jésus comme défenseur. Difficile de ne pas aimer Jésus dans ce récit.
En fait, cet épisode propre à l’évangile de Jean, est en quelque sorte un prélude à la Semaine Sainte. La nuit sur le Mont des Oliviers y est évoquée. Au matin, Jésus descend à Jérusalem et enseigne dans le Temple, alors que ses opposants se manifestent. C’est l’affrontement, les accusations contre la femme, le piège tendu à Jésus. On cherche à le prendre en défaut, on veut sa perte. Son procès est déjà commencé et Jésus garde le silence, tout comme il le fera devant Pilate, et devant le Sanhédrin.
Le récit de la femme adultère fait suite à un épisode de l’évangile de Jean, où les grands prêtres et les pharisiens, après à une première tentative d’arrestation de Jésus, s’exclament au sujet de la foule qui admire Jésus : « cette foule qui ne connaît pas la loi, ce sont des maudits ». Ce commentaire décrit bien les adversaires de Jésus et de cette femme que l’on a jetée devant lui.
Difficile de ne pas penser ici à tous ces radicalismes qu’ils soient religieux ou politiques, où l’idéal visé, qui devient idéologie, fait fi des personnes. On l’a vu dans de multiples guerres et révolutions. Nous le voyons aujourd’hui dans de multiples formes de militantismes, qu’ils soient religieux ou politiques. Il n’y a que la cause qui compte. On la défend avec fanatisme. La personne ne compte plus. Elle devient une quantité négligeable qui n’a droit à aucune compassion. Que l’on pense à ces régimes totalitaires qui tiennent leurs populations en esclavage ou encore à ces dictateurs, comme Staline, qui disait avec cynisme, afin de justifier ses massacres, que la mort d’un homme est bien sûr une tragédie, mais que la mort d’un million d’hommes n’est qu’une statistique.
À la suite de l’élection du Pape François, qui est reconnu pour son action en faveur des démunis en Argentine, les pourfendeurs de l’Église se sont empressés de minimiser ce souci pour les pauvres, en remettant en question la notion de charité chrétienne, l’accusant de ne pas s’attaquer aux véritables causes des inégalités, qui seraient avant tout politiques. On reproche à l’Église de se donner bonne conscience en n’aidant que de manière marginale et épisodique ceux et celles qui souffrent, alors qu’ils auraient besoin d’une révolution. L’attaque récente contre mère Térésa en est un exemple frappant.
Bien qu’il faille s’attaquer aux structures injustes dans notre monde, aux systèmes économiques et politiques qui exploitent, des luttes faut-il le dire dans lesquelles nombre de chrétiens et de chrétiennes sont engagés, nous croyons aussi, comme nous le révèle l’Évangile, que la transformation du monde passe nécessairement par la conversion des cœurs, un cœur à la fois. Sinon, aucune transformation sociale, aussi noble soit-elle, ne saurait tenir. C’est ainsi qu’il faut comprendre ce passage du livre d’Isaïe entendu dans la première lecture : « Voici que je fais un monde nouveau il germe déjà, ne le voyez-vous pas? »
Cette attention à la personne, Jésus nous en donne l’exemple dans cette rencontre de la femme adultère et de ses accusateurs. Remarquez que Jésus ne condamne personne dans ce récit. Il garde longuement le silence. Il écoute. Il prie. Pour ensuite suggérer à ses opposants de regarder en eux-mêmes. Alors que ces derniers tentent de s’imposer par le nombre et par la force de la Loi, Jésus s’adresse en fait à chacun d’eux. « Regarde dans ton cœur », leur dit-il. Que celui qui est sans péché, lui lance la première pierre ». C’est à dire : « Rappelle-toi que tu es avant tout une personne avec tes propres faiblesses et tes fragilités. Est-ce que tu voudrais que Dieu te condamne? Qu’il n’ait pas pitié de toi? Comment alors peux-tu ne pas avoir pitié de ta sœur qui est ici? Et tu voudrais la tuer? »
Voyez l’attitude de Jésus. Alors que cette femme est livrée à une foule déchaînée qui la traine devant Jésus avant de la lapider, ce dernier baisse la tête et regarde vers le sol. Comme s’il ne voulait pas humilier cette femme davantage en la regardant ou encore pour réprimer sa honte et sa colère devant les agissements de cette foule. Jésus a alors cette réaction tout à fait étonnante : il se penche vers le sol et il se met à écrire.
Depuis les débuts de l’Église, bien des théologiens se sont interrogés sur ce que Jésus pouvait bien avoir écrit. Cette action de Jésus restera toujours énigmatique en dépit des interprétations avancées.
Ce que l’on peut affirmer toutefois sans se tromper, c’est que Jésus écrit dans le sable avec un langage nouveau, qui s’exprime dans son action de libérer la femme adultère et de lui rendre sa dignité ; en lui disant des paroles que son cœur n’espérait certainement pas entendre dans cette situation de violence et de mépris : « Moi non plus, je ne te condamne pas ».
Jésus ne condamne pas. Il invite tout simplement : « Va ma fille, ne pèche plus ». Par la parole qu’il prononce en sortant de son silence, Jésus n’abroge pas la loi relative à l’adultère, ni ne condamne la femme coupable; il lui demande simplement de ne plus pécher.
Saint Augustin a magnifiquement interprété ce tête-à-tête entre Jésus et cette femme. Une fois que la foule s’est dispersée, écrit-il, « ils ne restent plus que deux : Miseria et Misericordia », c’est-à-dire la misère humaine et la miséricorde divine. En Jésus, Dieu se révèle comme le Dieu de toute miséricorde. Et c’est cette miséricorde, cette pédagogie de la conversion, que l’Église doit faire entendre au monde si elle veut toucher les cœurs. Comme le rappelait il y a quelques heures à peine le pape François : « L’Église c’est le peuple de Dieu, le saint peuple de Dieu, qui marche vers la rencontre avec Jésus Christ ».
Henri Nouwen décrit ainsi l’attitude de Dieu vis-à-vis ses enfants :
« Son seul désir est de bénir… Il n’a aucun désir de les punir. Ils ont déjà été punis de façons excessives par leur propre errance, intérieure et extérieure. Le Père veut simplement leur faire savoir que l’amour qu’ils ont cherché dans des chemins tortueux a été, est et sera toujours là, pour eux… mais il ne peut les forcer à l’aimer sans perdre sa véritable paternité. » (Henri Nouwen. Le retour de l’enfant prodigue. Bellarmin, 1995. p. 119)
L’évangile de dimanche dernier, celui du retour de l’enfant prodigue, et l’évangile de ce dimanche constituent en quelque sorte une mise en route en cette fin de Carême, afin de nous préparer à la fête de Pâques, en nous invitant à reconnaître que nous avons tous et toutes besoin du pardon de Dieu.
En Église, le sacrement du pardon est en quelque sorte une actualisation de ces récits évangéliques, le lieu par excellence où nous nous présentons devant le Christ avec notre péché et nos pauvretés. Chaque fois que nous avons recours à ce sacrement, c’est le Christ lui-même qui pose son regard sur nous, qui nous relève, et qui nous dit : « Va, personne ne te condamne. Tu es libre. Va et ne pèche plus. » Ne devrait-on pas courir vers cette rencontre avec le Christ? C’est la grâce que je nous souhaite à l’approche de la grande fête de Pâques. Amen.
Yves Bériault, O.P
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MessagePosté le: Dim 24 Mar 2013 - 21:54    Sujet du message: Liens pour homélies

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Homélie pour le Dimanche des Rameaux
Publié le 24 mars, 2013 par moineruminant

C’est la Semaine Sainte qui commence et la liturgie d’aujourd’hui peut nous paraître paradoxale, sinon contradictoire. La preuve en est que nous avons deux noms pour désigner ce dimanche : le dimanche des Rameaux, qui rappelle l’entrée messianique de Jésus à Jérusalem, et le dimanche de la Passion du Seigneur.
Dans la procession d’entrée, solennellement, rameaux à la main, nous avons acclamé le Christ en tant que Roi triomphant, mais dans la préface eucharistique, nous dirons qu’il a été jugé comme un criminel. En entrant dans l’église nous avons chanté : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur », mais lors du récit de la Passion nous avons crié « crucifie-le! » avec la foule.
Le dimanche des Rameaux est un rappel brutal de la fin tragique de Jésus, qui met en lumière nos propres contradictions, nos compromissions avec le mal. Ce dimanche vient nous rappeler que nous ne pouvons séparer la gloire et la divinité de notre Sauveur, de l’offrande qu’il fait de lui-même en son humanité. Alors que nous avançons ensemble vers l’aube de Pâques, où nous serons illuminés de la joie pascale, il nous faut aussi nous engager sur le chemin qui y conduit : la passion et la mort de Jésus, afin de nous rappeler qu’il a donné sa vie afin de nous la partager et ainsi nous sauver. Ce ne sont pas les clous qui retiennent le Christ sur la croix, comme l’écrivait Catherine de Sienne, mais l’amour.
C’est la Semaine Sainte, et celle-ci ne consiste pas en un retour nostalgique sur des événements du passé, ni en des fabulations dont sont faits les contes pour enfants. La croix du Christ est trop rude et trop lourde pour nos épaules pour qu’un auteur en mal d’imagination l’ait inventée. Tout dans ce récit était de nature à décourager d’éventuels disciples. En somme, les évangélistes rapportaient ce qui aurait dû empêcher la naissance et l’expansion du christianisme (Fernand Ouellette). Et pourtant, deux mille ans plus tard, nous prêchons toujours un Messie crucifié.
Paradoxalement, c’est là notre honte, parce que cette Croix est l’expression même de notre péché, mais elle est aussi notre fierté, parce qu’elle est le lieu de notre relèvement. C’est pourquoi la Semaine Sainte ne saurait prendre tout son sens qu’à la lumière de la Résurrection. Elle nous parle à la fois du présent et de l’avenir, de notre présent et de notre avenir. Elle nous parle d’une histoire dramatique entre Dieu et notre humanité, où le Fils de Dieu « s’est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu’à mourir, et à mourir sur une croix » (Phil 2, 8).
Écoutons le témoignage émouvant d’une philosophe juive, Simone Weil, qui s’est approchée de la croix du Christ :
« Le don le plus précieux pour moi… c’est la croix. S’il ne m’est pas donné de mériter de participer à la croix du Christ, j’espère au moins de pouvoir y participer en tant que larron repentant. Après le Christ, de toutes les personnes dont il est fait mention dans l’Évangile, le bon larron est celui que j’envie le plus. D’être avec le Christ pendant la crucifixion, à ses côtés et dans la même position que lui, me semble être un privilège encore plus grand et plus enviable que d’être assis à sa droite dans la gloire. » (Lettre du 16 avril 1942).
Frères et sœurs, c’est la Semaine Sainte. Marchons avec le Christ vers sa croix. Ouvrons nos cœurs au mystère du plus grand amour qui soit. Amen.
Yves Bériault, o.p.
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MessagePosté le: Dim 24 Mar 2013 - 21:55    Sujet du message: Liens pour homélies

Quelle belle icône à prier. 
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Le Verbe s'est fait chair et il a habité parmi nous et nous avons vu sa gloire. Jean 1, 14 L'humain est un apprenti. L'histoire s'écrit avec Dieu.
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MessagePosté le: Dim 24 Mar 2013 - 22:01    Sujet du message: Liens pour homélies

Tant mieux si elle t'inspire.
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MessagePosté le: Mer 27 Mar 2013 - 21:29    Sujet du message: Liens pour homélies


http://moineruminant.wordpress.com/Jésus et Judas Publié le 27 mars, 2013 par moineruminant


Jésus et Judas  

Judas. Un membre de la famille dont on aime mieux taire le souvenir. Judas, celui qui est associé à la nuit, à la domination des ténèbres. Celui qui va livrer le Fils de l’homme. Pourtant quand j’entends parler de Judas, je ne veux pas penser au traître ou au voleur, ou encore à celui dont Jésus a dit qu’il aurait mieux valu qu’il ne vienne pas au monde. Ce qui retient surtout mon attention dans l’histoire de cet Apôtre, c’est tout d’abord le fait incroyable que Jésus l’ait choisi.
Comme la plupart des Apôtres, le récit de sa vocation nous est inconnu. Mais la question qui vient aux lèvres de quelqu’un qui prend connaissance de l’histoire de Judas pour la première fois est de demander comment Jésus a pu choisir un Apôtre tel que Judas. Non seulement il n’y a pas là une erreur de jugement de la part de Jésus, mais Jésus a voulu Judas comme Apôtre, alors qu’il savait si bien lire le fond des cœurs.
Tout d’abord, ce qu’il faut souligner dans la relation entre Jésus et Judas, c’est qu’en dépit d’une volonté évidente chez les évangélistes Jean et Matthieu, de révéler au grand jour les côtés négatifs de cet Apôtre en disant de lui qu’il est un « voleur », un « traître », celui qui laisse entrer Satan en lui, jamais Jésus n’accuse Judas ouvertement devant les autres Apôtres. Bien sûr, Jésus évoque la trahison à venir, mais par un jeu de nuances, comme lui seul sait le faire, de telle manière que les disciples ne sauront pas vraiment qui va le trahir avant la scène du Jardin des Oliviers. Comme si en évoquant la trahison au cours du dernier repas, Jésus cherchait surtout à interpeller Judas.
D’ailleurs, ce dernier va se reconnaître quand Jésus va évoquer la trahison à venir et il va l’interroger en lui demandant : « Rabbi, serait-ce moi? » Cet aveu à peine déguisé ne l’empêchera pas d’aller au bout de son projet, ni Jésus d’aller au bout du sien. Jésus connaît son destin. Il connaît qui va le livrer et pourtant il avance vers sa passion en homme libre. Et puisqu’il est vraiment libre, sa liberté ne peut contraindre celle de Judas. Il ne peut qu’interpeller, inviter à aller plus loin.
Judas est sans doute déçu de Jésus, comme nous le sommes parfois dans nos attentes vis-à-vis à Dieu. L’incident de Béthanie, où Judas se plaint de l’argent gaspillé par cette femme qui verse du parfum sur les pieds de Jésus, est peut-être l’incident qui le fait basculer dans le camp adverse. Mais toujours est-il que Judas devait porter une déception énorme pour détruire celui auquel il avait dû beaucoup s’attacher. Car comment expliquer son suicide? En détruisant Jésus, Judas se détruit lui-même. Le reste de l’histoire appartient à Dieu seul et on ne peut juger Judas.
Ce que l’on sait c’est que Jésus a choisi Judas et le drame de ce dernier en dit long sur la difficile suite du Christ, surtout lorsque les déceptions l’emportent sur notre espérance en Dieu, sur nos choix de vie, sur nos projets. Mais ce choix de Judas par Jésus nous rappelle aussi que sans cesse, Dieu en son Fils, nous choisit nous aussi. Nous le croyons. À tous les jours, le Christ, désormais ressuscité, prend parti pour nous. Il nous chérit comme ses enfants. Il nous partage ses rêves les plus fous par le don de l’Esprit Saint. Nous croyons qu’il fait de nous ses compagnons de route, ses disciples, comme il l’avait fait pour Judas, toujours en nous laissant l’entière liberté de nos choix. Alors, pourquoi avoir choisi Judas?
Le choix qu’a fait Jésus de Judas ne peut être que le signe d’un grand amour, du plus grand amour qui soit, de l’amour vrai et inconditionnel qui ne cherche pas à posséder. C’est de cet amour que Jésus a aimé Judas. Il l’a laissé libre, au risque d’y laisser sa vie, tout comme il continue à le faire avec nous aujourd’hui. C’est de cet amour-là que Dieu nous aime. Peut-être Judas a-t-il entendu ces paroles de Jésus après qu’il l’eût livré : « Père, pardonne-leurs, ils ne savent ce qu’ils font. » Et s’il s’est enlevé la vie, c’est peut-être qu’il a réalisé, dans un moment de lucidité sans doute terrifiant, à quel point Jésus l’aimait.
Le drame de Judas, au-delà de sa trahison, c’est qu’il ait cru que sa faute soit irréparable, sans rémission. Sans doute n’avait-il jamais bien compris son Maître, qui par ses paroles et ses gestes, disait tout simplement que l’on n’est jamais humilié devant Dieu, que le pardon est toujours offert. Jésus n’a jamais cessé de le répéter de mille et une manières tout au long de son ministère : avec Dieu il est toujours possible de reprendre la route, puisque c’est lui qui nous a choisis et qu’il nous choisit sans cesse.
Yves Bériault, o.p.
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MessagePosté le: Jeu 28 Mar 2013 - 22:07    Sujet du message: Liens pour homélies


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Homélie pour le Jeudi Saint
Publié le 28 mars, 2013 par moineruminant

À quelques heures du rappel de la mort de Jésus, alors que nous célébrons son dernier repas avec ses apôtres, le mystère demeure entier et il bouleverse tout chrétien, toute chrétienne qui prend au sérieux sa foi. Pourquoi Jésus devait-il mourir ainsi?
Bien sûr, nous savons qu’il devait mourir parce qu’il l’avait affirmé lui-même : « Ma vie, nul ne la prend, c’est moi qui la donne ». Nous sommes familiers avec ce passage de l’évangile, et nous savons que la mort de Jésus annonçait non seulement sa résurrection, mais aussi notre rédemption, notre salut, mais le pourquoi fondamental de tout cela demeure caché dans le cœur du Père et nous sera révélé que lors du grand face à face dans l’éternité de Dieu.
Ce que nous savons c’est qu’il y a là un mystère d’amour et c’est ce mystère que nous sommes invités à contempler ce soir en cette célébration de la Cène du Seigneur. Contempler sans tout comprendre, accueillant dans la foi, et nous faisant le plus proche possible du cœur de Jésus, comme le disciple bien-aimé reposant sur sa poitrine.
La liturgie du Jeudi Saint nous invite à contempler le geste que Jésus a posé à l’endroit de ses disciples la veille de sa passion. Car comment évoquer ce qui est au cœur de la vie de Jésus, sinon en rappelant cette image gravée à jamais dans la mémoire de l’Église : Jésus à genoux aux pieds de ses disciples.
L’enseignement de Jésus est simple au fond. Il se résume dans l’accueil de Dieu, et dans l’accueil du prochain. Jamais l’un sans l’autre. Ce prochain, cet autre : l’ennemi, le mal-aimé, le pauvre, l’étranger, Jésus nous invite à le regarder avec ses yeux à lui, à poser sur l’autre un regard digne de la compassion de Dieu, vraiment porteur de son amour. Jésus nous dit ce soir, à genoux à nos pieds : « Viens à moi avec ton cœur, et tu verras avec mes yeux ».
C’est le théologien Jean Galot qui disait : « Le Christ est venu sur la terre pour provoquer un attachement à sa personne, pour attirer à lui l’humanité et l’univers. Mais avant de réclamer cette adhésion et pour l’obtenir, il s’attache lui-même aux hommes ». Et, je dirais, qu’il s’attache aussi à des hommes et des femmes qui deviennent solidaires du mystère qui l’habite et qui, à leur tour, s’attachent à leurs frères et à leurs sœurs les humains, comme le Christ.
L’autre, le tout proche, comme la personne la plus éloignée, est tellement important dans l’enseignement de Jésus qu’il devient un chemin privilégié vers Dieu, un passage inévitable, incontournable. Avec Jésus nous apprenons qu’il faut savoir nous approcher de tous ceux et celles que Dieu met sur notre route en revêtant le tablier du serviteur.
Le royaume de Dieu, nous dit Jésus, passe par une charité effective, celle de la tenue de service qui nous amène à nous laver les pieds les uns aux autres; à laver les offenses, les indifférences, les pauvretés et les blessures dont l’autre est porteur, afin de découvrir en elle, en lui, une sœur, un frère aimé de Dieu, digne de son amour et donc digne de notre attention et de notre affection.
Jésus nous révèle qu’en toute personne Dieu se fait connaître. « Je suis pour toi un lieu où Dieu se fait connaître à toi, et tu es un lieu où Dieu se fait connaître à moi ». N’en doutons pas, nous sommes semblables à des icônes qui révèlent mystérieusement quelque chose du mystère ineffable de Dieu. Voilà une bonne nouvelle et nous sommes au cœur de l’Évangile!
C’est le génie de l’évangéliste Jean de nous présenter le dernier repas de Jésus avec les siens, non pas en mettant l’accent sur le pain et le vin, mais en mettant l’accent sur la portée de ce pain et de ce vin offerts par Jésus. Le pain et le vin sont signe par excellence de son offrande, de sa vie donnée, lui qui se fait nourriture pour nous. Mais ils nous révèlent aussi le sens de la mission de Jésus : le pain et le vin, c’est Jésus à nos pieds, corps et sang livrés pour nous, « parce qu’il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime », nous dit Jésus. Et Jésus a suivi cette logique jusqu’au bout de lui-même…
Pourquoi le Fils de Dieu devait-il mourir ainsi? Il y a là quelque chose de la folie de Dieu qui nous dépasse. Mais il y a dans la mort de Jésus un acte d’amour tellement absolu qu’il questionnera notre humanité jusqu’à la fin des temps. Et désormais, à cause de lui, mystérieusement, les hommes et les femmes qui le suivent, se surprennent à vouloir aimer et servir comme lui, en dépit de leurs manques, de leurs faiblesses, ou de leur histoire personnelle.
Et Jésus leur dit : « Viens, suis-moi et tu auras la vie ».  C’est à ce don de nous-mêmes qu’il nous invite lorsqu’il nous dit, en offrant le pain et le vin à la dernière Cène : « Vous ferez cela en mémoire de moi ». Nous sommes invités, nous aussi, à revêtir le tablier du serviteur, à devenir son corps et son sang pour le salut du monde, à devenir une éternelle offrande à la gloire du Père avec lui.
C’est dans cette offrande que nous entrons maintenant au moment de célébrer la Cène du Seigneur en ce Jeudi Saint. Comme le soulignait le pape Jean-Paul II  dans son encyclique sur l’Eucharistie : « L’Eucharistie, présence salvifique de Jésus dans la communauté des fidèles et nourriture spirituelle pour elle, est ce que l’Église peut avoir de plus précieux dans sa marche au long de l’histoire […] C’est le don par excellence, poursuit Jean-Paul II, parce que c’est le don de lui-même ». Le don qui nous rend semblables à lui, qui nous fait vivre et agir comme lui. Et il n’y a pas de plus grand bonheur.
Lors des congrégations générales qui ont précédé le conclave qui l’a élu pape, le cardinal Jorge Mario Bergoglio a fait une intervention remarquée devant ses confrères cardinaux. Voici un extrait :
« Dans l’Apocalypse, Jésus dit qu’il est à la porte et qu’il frappe à la porte. Évidemment, le texte se réfère au fait qu’il frappe depuis l’extérieur pour pouvoir entrer… Mais je pense aux moments où Jésus frappe de l’intérieur pour que nous le laissions sortir […] Évangéliser suppose que l’Église ait la liberté de sortir d’elle-même. L’Église est appelée à sortir d’elle-même pour aller jusqu’aux périphéries, pas seulement les périphéries géographiques, mais aussi les périphéries existentielles : là où réside le mystère du péché, de la douleur, des injustices, de l’ignorance et du mépris du religieux et de la pensée, là où résident toutes les misères ».
« Vous m’appelez le Maître et le Seigneur, dit Jésus,  vous dites bien, car je le suis. Dès lors, si je vous ai lavé les pieds, moi le Seigneur et le Maître, vous devez vous aussi vous laver les pieds les uns aux autres; car c’est un exemple que je vous ai donné : ce que j’ai fait pour vous, faites-le vous aussi les uns aux autres. » Amen.
Yves Bériault, o.p
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MessagePosté le: Sam 30 Mar 2013 - 14:13    Sujet du message: Liens pour homélies

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Stabat Mater
Publié le 29 mars, 2013 par moineruminant
« Près de la croix de Jésus se tenait debout sa mère. » (Jn 19, 25)
 
« Près de la croix de Jésus se tenait debout sa mère. » C’est avec Marie que je vous propose de contempler la croix du Seigneur en ce Vendredi Saint. À travers la figure de Marie, la Mère du Seigneur, l’évangéliste Jean nous introduit dans le sens profond du mystère de la croix et de notre mystère en tant que disciples du Christ. Il est vrai que les évangiles ne nous parlent pas beaucoup de la Mère du Seigneur, et pourtant elle est la seule personne dans les évangiles dont on mentionne la présence à toutes les étapes importantes de la vie de Jésus.
Elle est présente à son incarnation, elle en est même l’objet privilégié; elle est là pendant la mission de Jésus, pensons ici aux noces de Cana; elle est présente à Jérusalem, lors de la passion et de la mort de Jésus; et, après la résurrection, elle est sera présente à la Pentecôte avec les apôtres. Malgré leur discrétion, Marie occupe une place unique dans les évangiles, parce qu’elle occupe une place unique dans l’histoire du salut.
Celui que Marie a contemplé tout petit, couché dans une mangeoire, emmailloté, le voici maintenant couché sur la croix. Marie se tient debout devant lui, en silence, mère courageuse et en attente, comme la femme enceinte qui attend l’heure de sa délivrance. Marie, devant la croix, vit une pauvreté spirituelle qui la dépouille de tout privilège, de toute promesse. Il n’y a plus que cette nuit obscure, nuit de la passion, dans laquelle est entré son fils Jésus et dans laquelle elle entre avec lui. Et Marie se tient debout au pied de la croix…
L’évangéliste Jean est le seul qui présente cette scène, et pour bien la comprendre, il faut savoir ce que représente le Calvaire chez Jean. Le Calvaire représente l’ « Heure » de Jésus. Jean mentionne cette « Heure » à plusieurs reprises dans son évangile. Ainsi Jésus dira : « Père, l’heure est venue, glorifie ton Fils » (Jn 17, 1), « c’est pour cette Heure que je suis venu dans le monde » (Jn 12, 27). Et voilà que tout est consommé. Jésus est suspendu entre ciel et terre, et Marie se tient debout au pied de la croix.
Pour l’évangéliste Jean, le Calvaire est le lieu privilégié où se révèle la gloire du Christ. C’est l’« Heure » par excellence. Jésus ne disait-il pas : « lorsque vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous connaîtrez que Je Suis. » (Jn 8, 28).
Et en plaçant Marie au pied de la croix, Jean la situe au coeur du mystère pascal. Elle est témoin non seulement de la mort de son fils, mais de sa victoire sur la mort. Jésus après sa résurrection dira : « Bienheureux ceux qui croient sans avoir vu! » Marie sa mère est de ceux-là.
De Marie au pied de la croix, on ne nous rapporte ni cri, ni lamentation. Seulement son silence et sa position : Marie se tait, elle est debout, « donnant à l’immolation de la victime, née de sa chair, le consentement de son amour » (Vatican II : Lumen gentium, 58). Elle entre avec Jésus dans sa Pâque. C’est l’« Heure » de Jésus, mais c’est aussi l’« Heure » de Marie. Son oui la conduisait à cette « Heure », et c’est aussi le lieu de notre « Heure » à nous, parce que la croix est le lieu du disciple du Christ, et, comme Marie, le disciple est appelé à entrer dans l’offrande de Jésus faite au Père en notre nom.
Est-il surprenant alors que Marie se tienne debout au pied de la croix? Le Calvaire, où le cœur de Marie est transpercé par le glaive qu’annonçait la prophétie du vieux Syméon (« toi-même un glaive te transpercera l’âme »), nous donne de contempler la Mère du Seigneur qui avance dans la foi à la rencontre de la passion et de la mort de son fils. En Marie, nous contemplons déjà l’Église qui va à la rencontre de son Seigneur et qui se tient debout avec lui. C’est cette grâce qui est à l’œuvre en Marie et qui fait d’elle le véritable modèle du disciple du Christ. Avec elle, en ce Vendredi Saint, nous nous tenons debout près de la croix.
Marie se tient debout dans un sens physique bien sûr, mais avant tout, dans un sens spirituel. Au pied de la croix, Marie se tient debout et victorieuse avec le Christ. La passion est achevée, le long périple dans la nuit de la foi s’ouvre déjà sur l’Heure de Jésus, sur sa victoire sur la mort.
Quant à nous, nous savons combien il est difficile parfois de rester avec Jésus. C’est pourquoi il nous invite à prendre avec nous sa mère : « Voici ta mère » dit-il à chacun et chacune de nous. Avec elle, nous pouvons apprendre à nous tenir debout, là où dans la nuit de nos épreuves la résurrection de notre Seigneur est déjà à l’œuvre. Telle est notre foi et nous la proclamons fièrement en ce Vendredi Saint en nous tenant debout tout près de la croix. Amen.
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Homélie pour le Jeudi Saint
Publié le 28 mars, 2013 par moineruminant

À quelques heures du rappel de la mort de Jésus, alors que nous célébrons son dernier repas avec ses apôtres, le mystère demeure entier et il bouleverse tout chrétien, toute chrétienne qui prend au sérieux sa foi. Pourquoi Jésus devait-il mourir ainsi?
Bien sûr, nous savons qu’il devait mourir parce qu’il l’avait affirmé lui-même : « Ma vie, nul ne la prend, c’est moi qui la donne ». Nous sommes familiers avec ce passage de l’évangile, et nous savons que la mort de Jésus annonçait non seulement sa résurrection, mais aussi notre rédemption, notre salut, mais le pourquoi fondamental de tout cela demeure caché dans le cœur du Père et nous sera révélé que lors du grand face à face dans l’éternité de Dieu.
Ce que nous savons c’est qu’il y a là un mystère d’amour et c’est ce mystère que nous sommes invités à contempler ce soir en cette célébration de la Cène du Seigneur. Contempler sans tout comprendre, accueillant dans la foi, et nous faisant le plus proche possible du cœur de Jésus, comme le disciple bien-aimé reposant sur sa poitrine.
La liturgie du Jeudi Saint nous invite à contempler le geste que Jésus a posé à l’endroit de ses disciples la veille de sa passion. Car comment évoquer ce qui est au cœur de la vie de Jésus, sinon en rappelant cette image gravée à jamais dans la mémoire de l’Église : Jésus à genoux aux pieds de ses disciples.
L’enseignement de Jésus est simple au fond. Il se résume dans l’accueil de Dieu, et dans l’accueil du prochain. Jamais l’un sans l’autre. Ce prochain, cet autre : l’ennemi, le mal-aimé, le pauvre, l’étranger, Jésus nous invite à le regarder avec ses yeux à lui, à poser sur l’autre un regard digne de la compassion de Dieu, vraiment porteur de son amour. Jésus nous dit ce soir, à genoux à nos pieds : « Viens à moi avec ton cœur, et tu verras avec mes yeux ».
C’est le théologien Jean Galot qui disait : « Le Christ est venu sur la terre pour provoquer un attachement à sa personne, pour attirer à lui l’humanité et l’univers. Mais avant de réclamer cette adhésion et pour l’obtenir, il s’attache lui-même aux hommes ». Et, je dirais, qu’il s’attache aussi à des hommes et des femmes qui deviennent solidaires du mystère qui l’habite et qui, à leur tour, s’attachent à leurs frères et à leurs sœurs les humains, comme le Christ.
L’autre, le tout proche, comme la personne la plus éloignée, est tellement important dans l’enseignement de Jésus qu’il devient un chemin privilégié vers Dieu, un passage inévitable, incontournable. Avec Jésus nous apprenons qu’il faut savoir nous approcher de tous ceux et celles que Dieu met sur notre route en revêtant le tablier du serviteur.
Le royaume de Dieu, nous dit Jésus, passe par une charité effective, celle de la tenue de service qui nous amène à nous laver les pieds les uns aux autres; à laver les offenses, les indifférences, les pauvretés et les blessures dont l’autre est porteur, afin de découvrir en elle, en lui, une sœur, un frère aimé de Dieu, digne de son amour et donc digne de notre attention et de notre affection.
Jésus nous révèle qu’en toute personne Dieu se fait connaître. « Je suis pour toi un lieu où Dieu se fait connaître à toi, et tu es un lieu où Dieu se fait connaître à moi ». N’en doutons pas, nous sommes semblables à des icônes qui révèlent mystérieusement quelque chose du mystère ineffable de Dieu. Voilà une bonne nouvelle et nous sommes au cœur de l’Évangile!
C’est le génie de l’évangéliste Jean de nous présenter le dernier repas de Jésus avec les siens, non pas en mettant l’accent sur le pain et le vin, mais en mettant l’accent sur la portée de ce pain et de ce vin offerts par Jésus. Le pain et le vin sont signe par excellence de son offrande, de sa vie donnée, lui qui se fait nourriture pour nous. Mais ils nous révèlent aussi le sens de la mission de Jésus : le pain et le vin, c’est Jésus à nos pieds, corps et sang livrés pour nous, « parce qu’il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime », nous dit Jésus. Et Jésus a suivi cette logique jusqu’au bout de lui-même…
Pourquoi le Fils de Dieu devait-il mourir ainsi? Il y a là quelque chose de la folie de Dieu qui nous dépasse. Mais il y a dans la mort de Jésus un acte d’amour tellement absolu qu’il questionnera notre humanité jusqu’à la fin des temps. Et désormais, à cause de lui, mystérieusement, les hommes et les femmes qui le suivent, se surprennent à vouloir aimer et servir comme lui, en dépit de leurs manques, de leurs faiblesses, ou de leur histoire personnelle.
Et Jésus leur dit : « Viens, suis-moi et tu auras la vie ».  C’est à ce don de nous-mêmes qu’il nous invite lorsqu’il nous dit, en offrant le pain et le vin à la dernière Cène : « Vous ferez cela en mémoire de moi ». Nous sommes invités, nous aussi, à revêtir le tablier du serviteur, à devenir son corps et son sang pour le salut du monde, à devenir une éternelle offrande à la gloire du Père avec lui.
C’est dans cette offrande que nous entrons maintenant au moment de célébrer la Cène du Seigneur en ce Jeudi Saint. Comme le soulignait le pape Jean-Paul II  dans son encyclique sur l’Eucharistie : « L’Eucharistie, présence salvifique de Jésus dans la communauté des fidèles et nourriture spirituelle pour elle, est ce que l’Église peut avoir de plus précieux dans sa marche au long de l’histoire […] C’est le don par excellence, poursuit Jean-Paul II, parce que c’est le don de lui-même ». Le don qui nous rend semblables à lui, qui nous fait vivre et agir comme lui. Et il n’y a pas de plus grand bonheur.
Lors des congrégations générales qui ont précédé le conclave qui l’a élu pape, le cardinal Jorge Mario Bergoglio a fait une intervention remarquée devant ses confrères cardinaux. Voici un extrait :
« Dans l’Apocalypse, Jésus dit qu’il est à la porte et qu’il frappe à la porte. Évidemment, le texte se réfère au fait qu’il frappe depuis l’extérieur pour pouvoir entrer… Mais je pense aux moments où Jésus frappe de l’intérieur pour que nous le laissions sortir […] Évangéliser suppose que l’Église ait la liberté de sortir d’elle-même. L’Église est appelée à sortir d’elle-même pour aller jusqu’aux périphéries, pas seulement les périphéries géographiques, mais aussi les périphéries existentielles : là où réside le mystère du péché, de la douleur, des injustices, de l’ignorance et du mépris du religieux et de la pensée, là où résident toutes les misères ».
« Vous m’appelez le Maître et le Seigneur, dit Jésus,  vous dites bien, car je le suis. Dès lors, si je vous ai lavé les pieds, moi le Seigneur et le Maître, vous devez vous aussi vous laver les pieds les uns aux autres; car c’est un exemple que je vous ai donné : ce que j’ai fait pour vous, faites-le vous aussi les uns aux autres. » Amen.
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MessagePosté le: Sam 30 Mar 2013 - 14:16    Sujet du message: Liens pour homélies

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Jésus et Judas
Publié le 27 mars, 2013 par moineruminant

Judas. Un membre de la famille dont on aime mieux taire le souvenir. Judas, celui qui est associé à la nuit, à la domination des ténèbres. Celui qui va livrer le Fils de l’homme. Pourtant quand j’entends parler de Judas, je ne veux pas penser au traître ou au voleur, ou encore à celui dont Jésus a dit qu’il aurait mieux valu qu’il ne vienne pas au monde. Ce qui retient surtout mon attention dans l’histoire de cet Apôtre, c’est tout d’abord le fait incroyable que Jésus l’ait choisi.
Comme la plupart des Apôtres, le récit de sa vocation nous est inconnu. Mais la question qui vient aux lèvres de quelqu’un qui prend connaissance de l’histoire de Judas pour la première fois est de demander comment Jésus a pu choisir un Apôtre tel que Judas. Non seulement il n’y a pas là une erreur de jugement de la part de Jésus, mais Jésus a voulu Judas comme Apôtre, alors qu’il savait si bien lire le fond des cœurs.
Tout d’abord, ce qu’il faut souligner dans la relation entre Jésus et Judas, c’est qu’en dépit d’une volonté évidente chez les évangélistes Jean et Matthieu, de révéler au grand jour les côtés négatifs de cet Apôtre en disant de lui qu’il est un « voleur », un « traître », celui qui laisse entrer Satan en lui, jamais Jésus n’accuse Judas ouvertement devant les autres Apôtres. Bien sûr, Jésus évoque la trahison à venir, mais par un jeu de nuances, comme lui seul sait le faire, de telle manière que les disciples ne sauront pas vraiment qui va le trahir avant la scène du Jardin des Oliviers. Comme si en évoquant la trahison au cours du dernier repas, Jésus cherchait surtout à interpeller Judas.
D’ailleurs, ce dernier va se reconnaître quand Jésus va évoquer la trahison à venir et il va l’interroger en lui demandant : « Rabbi, serait-ce moi? » Cet aveu à peine déguisé ne l’empêchera pas d’aller au bout de son projet, ni Jésus d’aller au bout du sien. Jésus connaît son destin. Il connaît qui va le livrer et pourtant il avance vers sa passion en homme libre. Et puisqu’il est vraiment libre, sa liberté ne peut contraindre celle de Judas. Il ne peut qu’interpeller, inviter à aller plus loin.
Judas est sans doute déçu de Jésus, comme nous le sommes parfois dans nos attentes vis-à-vis à Dieu. L’incident de Béthanie, où Judas se plaint de l’argent gaspillé par cette femme qui verse du parfum sur les pieds de Jésus, est peut-être l’incident qui le fait basculer dans le camp adverse. Mais toujours est-il que Judas devait porter une déception énorme pour détruire celui auquel il avait dû beaucoup s’attacher. Car comment expliquer son suicide? En détruisant Jésus, Judas se détruit lui-même. Le reste de l’histoire appartient à Dieu seul et on ne peut juger Judas.
Ce que l’on sait c’est que Jésus a choisi Judas et le drame de ce dernier en dit long sur la difficile suite du Christ, surtout lorsque les déceptions l’emportent sur notre espérance en Dieu, sur nos choix de vie, sur nos projets. Mais ce choix de Judas par Jésus nous rappelle aussi que sans cesse, Dieu en son Fils, nous choisit nous aussi. Nous le croyons. À tous les jours, le Christ, désormais ressuscité, prend parti pour nous. Il nous chérit comme ses enfants. Il nous partage ses rêves les plus fous par le don de l’Esprit Saint. Nous croyons qu’il fait de nous ses compagnons de route, ses disciples, comme il l’avait fait pour Judas, toujours en nous laissant l’entière liberté de nos choix. Alors, pourquoi avoir choisi Judas?
Le choix qu’a fait Jésus de Judas ne peut être que le signe d’un grand amour, du plus grand amour qui soit, de l’amour vrai et inconditionnel qui ne cherche pas à posséder. C’est de cet amour que Jésus a aimé Judas. Il l’a laissé libre, au risque d’y laisser sa vie, tout comme il continue à le faire avec nous aujourd’hui. C’est de cet amour-là que Dieu nous aime. Peut-être Judas a-t-il entendu ces paroles de Jésus après qu’il l’eût livré : « Père, pardonne-leurs, ils ne savent ce qu’ils font. » Et s’il s’est enlevé la vie, c’est peut-être qu’il a réalisé, dans un moment de lucidité sans doute terrifiant, à quel point Jésus l’aimait.
Le drame de Judas, au-delà de sa trahison, c’est qu’il ait cru que sa faute soit irréparable, sans rémission. Sans doute n’avait-il jamais bien compris son Maître, qui par ses paroles et ses gestes, disait tout simplement que l’on n’est jamais humilié devant Dieu, que le pardon est toujours offert. Jésus n’a jamais cessé de le répéter de mille et une manières tout au long de son ministère : avec Dieu il est toujours possible de reprendre la route, puisque c’est lui qui nous a choisis et qu’il nous choisit sans cesse.
Yves Bériault, o.p.
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MessagePosté le: Dim 26 Mai 2013 - 09:28    Sujet du message: Liens pour homélies

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« Simon, fils de Jean, m’aimes-tu? » Homélie pour le 3e Dimanche de Pâques (Jn 21, 1-23)
Publié le 13 avril, 2013 par moineruminant
Chaque croyant a un rapport singulier avec l’Évangile, une manière propre et originale d’entendre et de réentendre ces récits qui mettent en scène Jésus avec ses disciples, avec les foules bigarrées, avec les opposants comme les curieux, avec les pécheurs comme les justes. Prenons l’évangile de ce jour. Comme moi, il fait sans doute partie de vos passages préférés et je vous propose qu’on en fasse ensemble une relecture, afin d’en tirer des fruits pour notre vie spirituelle, car cet évangile s’adresse à chacun et chacune de nous. Ce n’est pas simplement une vieille histoire de pêche sur les bords du lac de Tibériade. C’est une rencontre qui a lieu aujourd’hui entre nous et le Christ ressuscité.

Ces retrouvailles du Ressuscité avec les disciples à la fin de l’évangile de Jean, même s’il s’agit de la troisième apparition de Jésus, donnent l’impression d’une première expérience d’apparition tellement le contexte nous parle d’un quotidien des plus banal, comme s’il ne s’était encore rien passé dans la vie de ces disciples. Alors que c’est à Jérusalem que les évangélistes nous parlent des premières apparitions de Jésus, nous sommes ici au bord du lac de Tibériade, à près de cinquante kilomètres de Jérusalem. C’est la fin de la journée et les disciples semblent désœuvrés. Soudain, Simon-Pierre annonce tout bonnement qu’il s’en va à la pêche et les autres décident de le suivre.
Quant au disciple bien-aimé, le troisième personnage en importance dans ce récit, je dirais qu’il joue le rôle d’un personnage de soutien qui, d’une certaine manière, dirige l’action du récit.
Ainsi, il est le premier à voir le Seigneur sur la rive. « C’est le Seigneur », s’écrit-il, et voilà que Pierre se jette à l’eau. C’est lui qui attire l’attention de Pierre et met ainsi en branle tout le processus de cette rencontre entre Pierre et Jésus. Plusieurs commentateurs voient dans le disciple bien-aimé le modèle du croyant, qui vit une véritable intimité avec le Seigneur, qui se penche sur son cœur lors de la dernière Cène, qui a droit aux confidences de Jésus, qui le premier avant Pierre, se met à croire devant le tombeau vide. Pierre, lui, est plus lent à croire et pourtant, c’est sur sa foi que Jésus va fonder son Église.
C’est sans doute pourquoi Jésus le prend à part et l’invite à entrer dans la même intimité que l’autre disciple, à devenir lui aussi un disciple bien-aimé. Mais Pierre a besoin d’être aidé dans cette nouvelle naissance qui lui est proposée et Jésus agit auprès de lui comme la sage-femme; il l’aide à bien prendre la mesure de son attachement, de son amour pour lui. Mais pour cela, il lui faut passer par un laborieux travail où Pierre se voit obligé d’aller au fond de lui-même afin de revivre d’une certaine manière tout le processus de son reniement, comme à rebours, jusqu’au tout début de sa relation avec Jésus.
Rappelez-vous. C’est sur les bords de ce même lac que Jésus avait rencontré Pierre pour la première fois et l’avait invité à le suivre. Dans l’Évangile d’aujourd’hui Pierre retourne à la pêche. Que faire d’autre quand les grands rêves semblent s’écrouler ? Pierre n’a pas d’autre métier. Il retourne donc à ce qu’il connaît de mieux, la pêche, et c’est à nouveau dans ce contexte que Jésus vient à sa rencontre.
Des poissons grillés et des pains ont mystérieusement été préparés pour les disciples. Ils vont partager cette nourriture avec Jésus comme autrefois. Mais pas un mot n’est dit sur ce repas, comme si l’on avait déjeuné en silence, l’événement étant trop solennel pour qu’aucun n’ose prendre la parole.
Après le repas, nous assistons au tête-à-tête entre Jésus et Pierre, comme si c’était là le véritable motif de la présence du Ressuscité sur les berges du lac ce matin-là. Jésus, bien que ressuscité, paraît vulnérable dans ce récit. A trois reprises, il demande à Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu? » Une question extraordinaire dans la bouche du ressuscité, car c’est son humanité qui s’y révèle. « Pierre m’aimes-tu ? »
Comme si les liens noués ici-bas importaient encore pour Jésus, lui qui est passé de ce monde-ci à son Père. Comme s’il nous ressemblait plus que jamais dans son désir d’être aimé.
Si cet évangile nous concerne en tant que disciples appelés à suivre le Christ, il nous révèle aussi qui est ce Dieu dont nous avons contemplé le visage en Jésus-Christ. C’est François Varillon dans son magnifique livre L’humilité de Dieu qui écrit :
« Quand je prie je m’adresse à plus humble que moi. Quand je confesse mon péché, c’est à plus humble que moi que je demande pardon. Si Dieu n’était pas humble, j’hésiterais à le dire aimant infiniment » (p. 9). « Si Dieu est amour, il est humble » (p. 59). Et c’est ainsi que Jésus vient quémander l’amour de Pierre comme il le fait avec chacun et chacune de nous.
Et dans cette humilité de Dieu s’exprime aussi toute la patience de Dieu, qui ira avec nous partout où nous irons, quels que soient nos choix, sans jamais nous abandonner. C’est Fernand Ouellette qui écrivait dans son livre Le danger du divin : « Le Christ ne cesse de nous aimer même lorsque nous croyons ne pas l’aimer… Il ne se retire jamais, il nous poursuit sans cesse, sans dégoût, il demeure proche, mais caché, derrière chacun de nos actes. Il ne saurait désespérer de notre légèreté… » pp. 63-64
Par ailleurs, la question de Jésus met sûrement à vif la plaie encore fraîche de la trahison chez Pierre. « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu? » Pourquoi cette question et pourquoi la poser trois fois ? Par sa triple question, je ne crois pas que Jésus cherche à vérifier la détermination de celui à qui il veut confier ses brebis. Et je crois encore moins qu’il y ait dans la question de Jésus un reproche adressé à Pierre. Le caractère d’intimité indéniable de cette scène contredit une telle interprétation. Je crois plutôt qu’à l’affirmation trois répétée du reniement, Pierre se voit offrir la possibilité d’affirmer à trois reprises son amour pour Jésus. Jésus vient le libérer et par sa question il offre à Pierre de dénouer cet écheveau de douleur et de peine qui lui étreint le coeur depuis son reniement.
« Pierre m’aimes-tu ? » J’entends cette question comme une prière dans la bouche de Jésus. Une prière qui est toute chargée de l’espérance de Dieu. Dans cette simple demande, c’est Dieu lui-même qui vient solliciter notre amour et c’est dans la réciprocité de cet amour que Pierre trouvera la véritable paix et la guérison.
« Pierre m’aimes-tu ? » C’est à la fois une invitation qui est faite à tous les croyants et les croyantes d’entrer dans le pardon de Dieu, à l’aimer et à se laisser aimer par lui.
« Pierre m’aimes-tu ? » C’est la question ultime que pouvait poser Jésus à Pierre. Question qui l’amène à un point de rupture dans sa vie, qui le libère de sa honte, et qui ouvre sur le grand large, où Pierre peut enfin donner son cœur à Jésus : « Seigneur, tu sais tout. Tu sais bien que je t’aime ». C’est la miséricorde de Dieu qui touche Pierre en plein cœur, qui fera de lui désormais un pêcheur d’hommes qui donnera volontiers sa vie pour le Christ.
L’évangile d’aujourd’hui est un récit merveilleux qui nous rappelle que Dieu veut avoir besoin de nous; que nous avons du prix à ses yeux et qu’il nous demande tout simplement de l’aimer et de lui faire confiance. C’est là le grand mystère de notre appel. Puisse cette eucharistie nous aider à reconnaître cet appel en chacune de nos vies et nous aider à y répondre jour après jour. Amen.
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MessagePosté le: Dim 26 Mai 2013 - 09:30    Sujet du message: Liens pour homélies

 Jean 13
 Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres.


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Homélie pour le 5e Dimanche de Pâques. Année C
Publié le 27 avril, 2013 par moineruminant
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 13,31-33a.34-35.
Citation:


Au cours du dernier repas que Jésus prenait avec ses disciples, quand Judas fut sorti, Jésus déclara : « Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. Si Dieu est glorifié en lui, Dieu en retour lui donnera sa propre gloire ; et il la lui donnera bientôt. Mes petits enfants, je suis encore avec vous, mais pour peu de temps, et vous me chercherez. J’ai dit aux Juifs : Là où je m’en vais, vous ne pouvez pas y aller. Je vous le dis maintenant à vous aussi. Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c’est l’amour que vous aurez les uns pour les autres. » 


La Parole de Dieu en ce dimanche nous invite à regarder l’extraordinaire nouveauté de la foi à laquelle Jésus nous invite. L’auteur du livre de l’Apocalypse, qui annonce à la fois le présent et l’avenir, voit surgir « un ciel nouveau et une terre nouvelle », alors que celui qui siège sur le Trône, et qui est le Christ ressuscité, déclare : « Voici que je fais toutes choses nouvelles. »
Mais quelle est cette nouveauté quand Jésus dit à ses disciples : « Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres. » Car de prime abord, il n’y a rien de nouveau dans ce commandement qui était déjà connu au temps de Jésus. La nouveauté de cet enseignement vient de ce que Jésus ajoute à ce précepte, quand il dit : « Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. » C’est ce mot comme qui fait toute la nouveauté de cet enseignement et qui met en évidence une des lignes de force fondamentales de ce que veut dire être Chrétien.
J’ai eu le bonheur de connaître un grand spirituel dominicain, qui a aussi été mon professeur, et qui est décédé il y a quelques années, le frère Dalmazio Mongillo. Un frère Italien, féru de Catherine de Sienne, et de Thomas d’Aquin, un homme à la foi vive et d’une simplicité désarmante. Un jour, je lui ai demandé ce qu’était pour lui la spécificité du christianisme comme religion, mis à part, bien sûr, la foi au Christ. Il m’avait répondu : la proximité au prochain à l’exemple du Christ.
Dans le christianisme, m’avait-il confié, « l’Homme ne pâtit pas pour Dieu, il n’a pas à se sacrifier pour Lui, au contraire, c’est Dieu qui se sacrifie pour l’Homme, l’Homme qui est la passion de Dieu. » Et c’est ainsi que l’expérience que nous faisons de « la miséricorde du Christ à notre égard, convertit notre résistance à la misère humaine autour de nous et nous entraîne à aimer comme Lui. » Touché en plein coeur par l’amour de Dieu, cet amour nous ouvre au prochain.
Pour nous chrétiens et chrétiennes, il est impossible de dissocier notre foi au Christ ressuscité du service pour les autres, du don de soi, du don de sa personne. « Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, dit Jésus, c’est l’amour que vous aurez les uns pour les autres. » Il faut se rappeler que Jésus donne cet enseignement à ses disciples alors qu’il vient tout juste de leur laver les pieds la veille de sa passion, alors qu’il leur dit : « c’est un exemple que je vous ai donné : ce que j’ai fait pour vous, faites-le vous aussi. »
Par notre foi en Jésus Christ, nous sommes introduits dans une expérience de Dieu qui est celle-là même que Jésus avait du Père. C’est là une des originalités du christianisme et sa richesse insurpassable. Nous sommes introduits dans une nouvelle proximité avec Dieu. Mais notre foi en Jésus-Christ implique aussi un nouveau rapport à l’autre. Cet autre devient un prochain, qui veut dire un tout proche de moi. C’est saint Thomas d’Aquin qui disait que la grâce sanctifiante, cette action de l’Esprit Saint en nous, qui fait de nous des saints et des saintes, et qui nous est donnée en particulier à travers les sacrements, il disait que cette grâce est une grâce fraternelle. Un surcroît de vie en nous qui est fait non seulement pour aimer Dieu, mais pour aimer l’autre!
Ce que nous affirmons au monde, à temps et à contre temps, en tant que chrétiens et chrétiennes, c’est que le prochain est non seulement un chemin vers Dieu, mais qu’il est le seul chemin. C’est pourquoi l’histoire de l’Église porte cette marque indélébile de millions et de millions de témoins, célèbres et anonymes, qui à travers le monde, et jusqu’à ce jour, sont portés par cet élan de charité, qui a sa source dans le Christ ressuscité et qui s’étend à tout être humain, de sa conception jusqu’à sa mort.
En s’incarnant, Dieu a sanctifié à tout jamais la vie humaine, il l’a sacralisée, puisqu’il en a fait le lieu où s’est exprimé le plus parfaitement son amour, soit dans la chair même de son Fils, chair de notre chair, chair de la Vierge Marie. Et en notre nom, au nom de notre humanité, Marie a dit oui à cette présence de Dieu en notre chair. Comment pourrions-nous maintenant mépriser la vie humaine que Dieu a élevée à un tel sommet de gloire, lui qui non seulement y a fait sa demeure, mais qui a élevé notre chair humaine à la gloire du ciel par la résurrection et l’ascension de son Fils ? Frères et soeurs, telle est notre dignité humaine!
Jésus étend cette proximité au prochain non seulement à toute l’humanité, aux proches comme aux lointains, aux amis comme aux ennemis, mais cette proximité va jusqu’au don de sa vie. Jésus nous révèle que le prochain est un autre soi-même, tellement aimé de Dieu, qu’il nous faut nous attacher à lui comme à notre propre chair, et, pour y parvenir, il nous donne son Esprit. C’est là véritablement une des spécificités les plus marquantes du christianisme.
Mais que faire de ce prochain qui m’embête ? Je dois aussi m’attacher à tous ces autres que Dieu met sur ma route et que je n’aime pas ou pas assez, car, avec Jésus, j’apprends que tout être humain m’est un proche que je dois aimer comme moi-même, que je dois aimer tout comme Dieu m’aime, car moi aussi je suis appelé à donner la vie. Parce que croire au Dieu de Jésus-Christ, c’est marcher à la suite du Christ, c’est devenir comme lui.
Comme le disait la jeune juive Etty Hillesum, assassinée à Auschwitz : « nous sommes appelés à aider Dieu à naître dans les cœurs martyrisés des autres » (Journal, 12 juillet 1942). Quelle mission, et quelle responsabilité! Non seulement Dieu nous confie-t-il les uns aux autres, mais il est au cœur de ce mystère de pauvreté et de communion qui habite au plus profond de nous-mêmes. Aimer le prochain, c’est s’ouvrir au mystère de l’autre en posant sur lui, sur elle, le regard même du Christ, où parfois il ne nous reste plus qu’à prier pour l’autre, à demander à Dieu la force de pardonner, le courage d’ouvrir notre cœur qui se ferme ou qui reste indifférent à la misère de l’autre.
Sur la route de l’éternité, nous dit Jésus, je ne puis abandonner mon prochain, fût-il mon ennemi, car il est un autre moi-même. Dieu me le donne comme frère, comme sœur. C’est là le message radical et insurpassable, impraticable à vue humaine, de l’évangile de Jésus-Christ. Alors comment cela peut-il se faire ? Il faut tout d’abord dire oui au Christ dans nos vies, en affirmant sans équivoque notre désir d’aimer avec lui, notre désir profond d’aimer comme lui, car c’est ainsi que l’Esprit Saint est donné au disciple, Lui qui nous donne de communier au mystère de qui est Dieu, et de communier à sa passion pour tous les humains.
« Mes petits enfants, nous dit Jésus, je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres comme je vous ai aimés. » Prends pitié de nous Seigneur, et aide-nous à aimer comme toi. C’est la grâce que nous te demandons en ce temps pascal.
Yves Bériault, o.p.
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Seigneur, qu'est-ce que l'homme pour que tu en fasses si grand cas? Qu'est-il pour que ton coeur lui soit ouvert?
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Carole
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MessagePosté le: Dim 26 Mai 2013 - 09:31    Sujet du message: Liens pour homélies

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