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Le mal


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Marie
Bienheureux
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MessagePosté le: Jeu 6 Déc 2012 - 16:50    Sujet du message: Le mal

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LA BIBLE ET LE MAL
 

 

© Jacques et Claire Poujol. Pages extraites de leur livre « L’accompagnement psychologique et spirituel : guide de relation d'aide », Empreinte Temps Présent, 2007. Disponible sur le site de la librairie 7ici par mail 7ici@wanadoo.fr ou sur http://www.librairie-7ici.com/detail.php?article=4958
 

 

 

La Bible affirme haut et fort que :
 

- Le mal est toujours mauvais.
- Dieu est souverain.
- Dieu est bon, ainsi que sa création.
 

 

Le mal est toujours mauvais
 

 

La Bible ne laisse aucun doute sur la réalité mauvaise du mal, de la Genèse à l'Apocalypse. Chaque page le dénonce comme étant radicalement mauvais : la loi le révèle, la grâce le domine. Il est opposé au bien, et malheur à ceux qui appellent le mal bien et le bien mal ! (Esaïe 5 : 20). Paul recommande d'avoir le mal en horreur.
 

 

Ce qui démontre le mieux la réalité mauvaise du mal, c'est la colère de Dieu contre lui.
 

 

Jésus qui disait : Celui qui m'a vu a vu le Père, n'a jamais fait souffrir quelqu'un, ni dit à un malade de prendre son mal en patience. Il n'a jamais fait de grandes théories sur le mal, mais il a considéré la souffrance physique, psychique et spirituelle comme un adversaire et il l'a combattue de toutes ses forces, en guérissant, en libérant et même en ressuscitant les morts. Il n'a rien expliqué, mais il s'est impliqué.
 

 

Il a lui-même connu la souffrance, étant homme comme nous ; il l'a évitée lorsqu'il le pouvait, mais l'a assumée avec courage quand il le fallait, et en demandant l'aide de ses amis quand l'épreuve était trop forte : Mon âme est triste jusqu'à la mort ; restez ici et veillez avec moi.
 

 

Dieu est souverain
 

 

Malgré l’œuvre de Jésus accomplie à la croix, la persistance du mal sur notre terre pose encore le problème de la souveraineté divine. La Bible affirme sans cesse que Dieu est souverain, non seulement dans l'infiniment grand mais aussi dans l'infiniment petit. Il est le Premier et le Dernier et il règne, même si nous ne voyons pas encore que toutes choses lui soient soumises. (Hébreux 2 : 8) Reconnaissons ce paradoxe que son Royaume est déjà là, et pourtant pas encore là.
 

 

Dieu est bon, sa création est bonne
 

 

L'Ecriture rejette, comme un blasphème, le soupçon que Dieu serait complice du mal. Il est radicalement bon. La grande tentation, c'est de douter qu'Il est amour et bonté. Paul se réjouissait à la fin de sa vie d'avoir gardé la foi en un Dieu bon, même s'il n'avait pas compris toutes les épreuves qu'il avait subies.
 

 

Peut-on concilier le mal, et un Dieu souverain et bon ?
 

 

Cela semble inconcevable pour notre raison humaine limitée puisque comprendre (= prendre avec), c'est unir. Comprendre le mal serait donc l'intégrer dans l'harmonie issue de Dieu, ce qui est impossible.
 

 

Le mal est a-normal, il ne devrait pas être, il est injustifiable, incompréhensible. Mais nous pouvons comprendre que nous ne pouvons pas comprendre le mal. Nous avons seulement à le combattre.
 

 

Est-ce faire preuve de faiblesse intellectuelle que d'avouer notre incapacité à le comprendre ? Est-ce une démission de notre raison ? Nous ne le croyons pas. Constater que le mal existe, et qu'il est injustifiable reste un mystère, acceptons-le humblement.
 

 

En disant clairement que le mal est une réalité, mais que Dieu est souverain, et que de plus il est bon, nous parlons par la foi, et cette foi glorifie Dieu.
 

 

C'est à la croix où Jésus meurt crucifié que nous retrouvons ces trois grandes vérités bibliques : la réalité abominable du mal, la souveraineté divine, car tout cela est arrivé selon le conseil arrêté et la prescience de Dieu, et sa bonté infinie pour tous les hommes.
 

 

« A la croix, le mal est vaincu par l'extrême de l'amour dans l'accomplissement de la justice », dit Henri Blocher.
 

 

 « VOUS SEREZ COMME DES DIEUX, CONNAISSANT LE BIEN ET LE MAL »
 

 

Lorsque je souffre, cette tentation, à laquelle ont succombé Adam et Eve (voir Genèse 3.5), m'éprouve d'une manière plus aiguë qu'à l'ordinaire. Combien j'aimerais pénétrer dans les secrets divins, élucider les mystères cachés, connaître le sens du mal, surtout de celui qui m'atteint ! Car le mal est du domaine de l'obscur : le mot grec melas signifie : sombre, noir, profond, méchant, difficile à savoir.
 

 

Mais ceux qui prennent l'avion ne sont pas autorisés à entrer dans la tour de contrôle de l'aéroport, là où les aiguilleurs du ciel guident les mouvements des avions. Un voyageur ne sait pas pourquoi, quand et comment les avions sont dirigés là ou ailleurs. De même, nous les humains, nous ne sommes pas admis dans la tour de contrôle de Dieu.
 

 

Le roi Salomon, un homme mûr, ayant acquis une longue expérience, écrit que la véritable sagesse c'est de reconnaître que mon existence, et celle des autres, constitue une énigme : J'ai vu toute l’œuvre de Dieu, j'ai vu que l'homme ne peut pas trouver ce qui se fait sous le soleil, il a beau se fatiguer à chercher, il ne trouve pas, et même si le sage veut connaître, il ne peut pas trouver. (Ecclésiaste 8 : 17)
 

 

Les événements se produisant sous le soleil, famines, guerres, maladies, deuils, ne témoignent pas de l'existence d'un Dieu juste et bon. Ce sont le chaos, l'oppression et l'arbitraire qui règnent, et non la justice. Si l'on cherche à comprendre ces malheurs incompréhensibles, à pénétrer dans la tour de contrôle, on arrive à ce constat révoltant : Vanité des vanités, tout est vanité.
 

 

L'Ecclésiaste rejoint dans ses conclusions un homme durement éprouvé, Job. Pour ce juste la fournaise de la souffrance a été chauffée à l'extrême et il est resté longtemps au fond de l'abîme du désespoir.
 

 

Après que Dieu lui ait dressé un tableau de sa puissance au travers de sa création, Job admet que le créateur le dépasse et, renonçant à toute conception de Dieu, il entre dans un dialogue avec lui.
 

 
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Marie
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MessagePosté le: Lun 7 Jan 2013 - 10:07    Sujet du message: Le mal

Satan est le prince de ce monde et son Dieu, et il gouverne le monde par le moyen des passions et des convoitises des hommes ; il peut soulever le monde entier contre les chrétiens, comme il le fit contre Christ, et ainsi mettre leur foi à l'épreuve. Satan est déjà jugé (Jean 16.11), mais il n'est encore ni jeté sur la terre (Apoc 20.12.7), ni lié dans l'abime (20.1-3), ni jeté dans l'étang de feu (Apoc 20.10 ; Matt 25.41). Il étend sur le monde où nous vivons une autorité usurpée mais réelle, et que la mort de Jésus a, en apparence, consolidée.
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Marie
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MessagePosté le: Dim 20 Jan 2013 - 09:02    Sujet du message: Le mal

D’où vient le mal ? 
La Bible nous apprend ce qu’est le mal. Elle le caractérise, le constate, le dénonce, dans toute sa laideur, et cela afin de nous amener à l’avoir en horreur. 
C’est pourquoi l’histoire qu’elle retrace de l’humanité est si sombre et si triste. Dieu a voulu pour notre bien que nous puissions prendre connaissance de toute la misère dans laquelle nous sommes tombés ; et les récits des horreurs que les hommes ont commises devraient nous ouvrir les yeux. Les pages qui contiennent ces récits frappent comme une massue sur la tête de ce colosse qui s’appelle l’orgueil humain. 
La Bible nous montre d’abord le mal à son origine, dans un être mystérieux, Satan. Puis elle nous dit que le Mal est un principe introduit dans l’homme par la désobéissance initiale à Dieu, principe qui se transmet de père en fils, parce que, depuis Adam, il fait pour ainsi dire partie de notre patrimoine génétique. 
La Bible appelle "le péché" ce principe de mal, et les actes qu’il produit sont "les péchés", mais elle ne confond jamais le principe et les actes. Que les actes mauvais procèdent de ce mauvais principe, Jésus le déclare : "Du coeur viennent mauvaises pensées, meurtres, adultères, fornications, vols, faux témoignages, injures" (Matthieu 15.19). Et il confirme qu’on reconnaît l’arbre à ses fruits (Matthieu 7.17, 18). 

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MessagePosté le: Mer 30 Jan 2013 - 05:32    Sujet du message: Le mal

 Il est toujours terrifiant de lire des propos se rapportant au mal.
Satan, Prince de ce monde... Non !!! Satan est un usurpateur. Il s'est mis lui même la couronne sur la tête, et profite de la peur et de l'ignorance des hommes pour régner sur eux.

Mais nous sommes là.
Notre devoir de chrétiens est de rappeler à tous que c'est aux hommes que Dieu a confié la Création, et pas au Diable.
Que contrairement au Malin, Dieu nous veut libre, et nous a offert pour diriger ce monde, Sa Parole, Ses Commandement, et Son Fils. Ainsi, nous pouvons rendre ce monde plus beau, et plus libre.
Enfin, par la résurrection de Jésus, la mort est vaincue. Nous n'avons donc plus à craindre de Satan, si nous décidons de le renvoyer d'où il vient.

C'est à nous, chrétiens, qu'il appartient de montrer à ceux qui sont perdu que le bien est plus fort que le mal, et que Dieu est plus fort que le Diable.
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Thomas
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MessagePosté le: Mer 30 Jan 2013 - 10:14    Sujet du message: Le mal

Acceptons l'Amour de Dieu.
Nous avons la responsabilité de l'accepter.
Nous avons le choix entre accepter
l'Amour de Dieu ou la refuser.
Tout ce joue là. Nous sommes libres
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Le Verbe s'est fait chair et il a habité parmi nous et nous avons vu sa gloire. Jean 1, 14 L'humain est un apprenti. L'histoire s'écrit avec Dieu.
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Thomas
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MessagePosté le: Mer 30 Jan 2013 - 10:15    Sujet du message: Le mal

HOMÉLIE DE SAINT BERNARD SUR LE CANTIQUE DES CANTIQUES « Là où le péché s'était multiplié, la grâce a surabondé »

Où donc notre fragilité peut-elle trouver repos et sécurité, sinon dans les plaies du Sauveur ?
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Marie
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MessagePosté le: Mer 30 Jan 2013 - 10:27    Sujet du message: Le mal

Bravo Thomas :Où donc notre fragilité peut-elle trouver repos et sécurité, sinon dans les plaies du Sauveur ?
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MessagePosté le: Mer 30 Jan 2013 - 18:24    Sujet du message: Le mal

Oui pour rendre ce monde plus beau, sa Parole, ses commandements ,son Eucharistie qui est le top de son Amour pour nous ,là où nous puisons tout.
Intéressant vous lire les amis!
C'est beau :« Là où le péché s'était multiplié, la grâce a surabondé »
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Seigneur, qu'est-ce que l'homme pour que tu en fasses si grand cas? Qu'est-il pour que ton coeur lui soit ouvert?
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Marie
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MessagePosté le: Sam 13 Avr 2013 - 06:46    Sujet du message: Le mal

Lourd patrimoine génétique 
La preuve en a été plus que faite. Dieu, dans sa patience, a tout essayé pour réhabiliter l'homme, et toujours celui-ci s'est montré pécheur. Nul n'échappe à cette condition ; on dirait aujourd'hui en termes scientifiques que le péché est inscrit dans notre patrimoine génétique. Le péché, c'est la desobéissance à Dieu, cette volonté orgueilleuse qui nous porte à nous soustraire à l'autorité de notre Créateur. Oui, enfants d'Adam, nous montrons tous le caractère d'Adam. Toutefois ne cherchons pas à rejeter notre responsabilité sur ceux dont nous descendons ; il est bien vrai que cette mauvaise nature m'a été transmise par eux, mais je suis, moi, un pécheur comme eux et c'est pour mon péché personnel que la loi divine me condamne. 
La prétention de l'homme à devenir meilleur a été définitivement ruinée quand Jésus, l'homme parfaitement obéissant à Dieu, est venu sur la terre : les hommes l'ont rejeté, l'ont crucifié. 
Mais par la foi en Jésus, crucifié, puis ressuscité, et maintenant glorifié dans le ciel, une vie nouvelle est donnée à celui qui croit. Il devient enfant de Dieu. "Voyez de quel amour le Père nous a fait don, que nous soyons appelés enfants de Dieu" (1 Jean 3, 1) 

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Marie
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MessagePosté le: Jeu 13 Juin 2013 - 10:36    Sujet du message: Le mal

Dieu éloigne nos péchés de nous. “Autant l'orient est éloigné de l'occident, autant il éloigne de nous nos transgressions” (Psaume 103:12).









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Martine
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MessagePosté le: Dim 23 Juin 2013 - 06:05    Sujet du message: Le mal

Paragraphe 7. LA CHUTE
385 Dieu est infiniment bon et toutes ses œuvres sont bonnes. Cependant, personne n’échappe à l’expérience de la souffrance, des maux dans la nature – qui apparaissent comme liés aux limites propres des créatures –, et surtout à la question du mal moral. D’où vient le mal ? " Je cherchais d’où vient le mal et je ne trouvais pas de solution " dit S. Augustin (conf. 7, 7, 11), et sa propre quête douloureuse ne trouvera d’issue que dans sa conversion au Dieu vivant. Car " le mystère de l’iniquité " (2 Th 2, 7) ne s’éclaire qu’à la lumière du mystère de la piété (cf. 1 Tm 3, 16). La révélation de l’amour divin dans le Christ a manifesté à la fois l’étendue du mal et la surabondance de la grâce (cf. Rm 5, 20). Nous devons donc considérer la question de l’origine du mal en fixant le regard de notre foi sur Celui qui, seul, en est le Vainqueur (cf. Lc 11, 21-22 ; Jn 16, 11 ; 1 Jn 3, 8).
I. La où le péché a abondé, la grâce a surabondé
La réalité du péché
386 Le péché est présent dans l’histoire de l’homme : il serait vain de tenter de l’ignorer ou de donner à cette obscure réalité d’autres noms. Pour essayer de comprendre ce qu’est le péché, il faut d’abord reconnaître le lien profond de l’homme avec Dieu, car en dehors de ce rapport, le mal du péché n’est pas démasqué dans sa véritable identité de refus et d’opposition face à Dieu, tout en continuant à peser sur la vie de l’homme et sur l’histoire.
387 La réalité du péché, et plus particulièrement du péché des origines, ne s’éclaire qu’à la lumière de la Révélation divine. Sans la connaissance qu’elle nous donne de Dieu on ne peut clairement reconnaître le péché, et on est tenté de l’expliquer uniquement comme un défaut de croissance, comme une faiblesse psychologique, une erreur, la conséquence nécessaire d’une structure sociale inadéquate, etc. C’est seulement dans la connaissance du dessein de Dieu sur l’homme que l’on comprend que le péché est un abus de la liberté que Dieu donne aux personnes créées pour qu’elles puissent l’aimer et s’aimer mutuellement.
Le péché originel – une vérité essentielle de la foi
388 Avec la progression de la Révélation est éclairée aussi la réalité du péché. Bien que le Peuple de Dieu de l’Ancien Testament ait connu d’une certaine manière la condition humaine à la lumière de l’histoire de la chute narrée dans la Genèse, il ne pouvait pas atteindre la signification ultime de cette histoire, qui se manifeste seulement à la lumière de la Mort et de la Résurrection de Jésus-Christ (cf. Rm 5, 12-21). Il faut connaître le Christ comme source de la grâce pour connaître Adam comme source du péché. C’est l’Esprit-Paraclet, envoyé par le Christ ressuscité, qui est venuconfondre le monde en matière de péché " (Jn 16, 8) en révélant Celui qui en est le Rédempteur.
389 La doctrine du péché originel est pour ainsi dire " le revers " de la Bonne Nouvelle que Jésus est le Sauveur de tous les hommes, que tous ont besoin du salut et que le salut est offert à tous grâce au Christ. L’Église qui a le sens du Christ (cf. 1 Co 2, 16) sait bien qu’on ne peut pas toucher à la révélation du péché originel sans porter atteinte au mystère du Christ.
Pour lire le récit de la chute
390 Le récit de la chute (Gn 3) utilise un langage imagé, mais il affirme un événement primordial, un fait qui a eu lieu au commencement de l’histoire de l’homme (cf. GS 13, § 1). La Révélation nous donne la certitude de foi que toute l’histoire humaine est marquée par la faute originelle librement commise par nos premiers parents (cf. Cc. Trente : DS 1513 ; Pie XII : DS 3897 ; Paul VI, discours 11 juillet 1966).
II. La chute des anges
391 Derrière le choix désobéissant de nos premiers parents il y a une voix séductrice, opposée à Dieu (cf. Gn 3, 4-5) qui, par envie, les fait tomber dans la mort (cf. Sg 2, 24). L’Écriture et la Tradition de l’Église voient en cet être un ange déchu, appelé Satan ou diable (cf. Jn 8, 44 ; Ap 12, 9). L’Église enseigne qu’il a été d’abord un ange bon, fait par Dieu. " Le diable et les autres démons ont certes été créés par Dieu naturellement bons, mais c’est eux qui se sont rendus mauvais " (Cc. Latran IV en 1215 : DS 800).
392 L’Écriture parle d’un péché de ces anges (cf. 2 P 2, 4). Cette " chute " consiste dans le choix libre de ces esprits créés, qui ont radicalement et irrévocablement refusé Dieu et son Règne. Nous trouvons un reflet de cette rébellion dans les paroles du tentateur à nos premiers parents : " Vous deviendrez comme Dieu " (Gn 3, 5). Le diable est " pécheur dès l’origine " (1 Jn 3, 8), " père du mensonge " (Jn 8, 44).
393 C’est le caractère irrévocable de leur choix, et non un défaut de l’infinie miséricorde divine, qui fait que le péché des anges ne peut être pardonné. " Il n’y a pas de repentir pour eux après la chute, comme il n’y a pas de repentir pour les hommes après la mort " (S. Jean Damascène, f. o. 2, 4 : PG 94, 877C).
394 L’Écriture atteste l’influence néfaste de celui que Jésus appelle " l’homicide dès l’origine " (Jn 8, 44), et qui a même tenté de détourner Jésus de la mission reçue du Père (cf. Mt 4, 1-11). " C’est pour détruire les œuvres du diable que le Fils de Dieu est apparu " (1 Jn 3, 8). La plus grave en conséquences de ces œuvres a été la séduction mensongère qui a induit l’homme à désobéir à Dieu.
395 La puissance de Satan n’est cependant pas infinie. Il n’est qu’une créature, puissante du fait qu’il est pur esprit, mais toujours une créature : il ne peut empêcher l’édification du Règne de Dieu. Quoique Satan agisse dans le monde par haine contre Dieu et son Royaume en Jésus-Christ, et quoique son action cause de graves dommages – de nature spirituelle et indirectement même de nature physique – pour chaque homme et pour la société, cette action est permise par la divine Providence qui avec force et douceur dirige l’histoire de l’homme et du monde. La permission divine de l’activité diabolique est un grand mystère, mais " nous savons que Dieu fait tout concourir au bien de ceux qui l’aiment " (Rm 8, 28).
III. Le péché originel
L’épreuve de la liberté
396 Dieu a créé l’homme à son image et l’a constitué dans son amitié. Créature spirituelle, l’homme ne peut vivre cette amitié que sur le mode de la libre soumission à Dieu. C’est ce qu’exprime la défense faite à l’homme de manger de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, " car du jour où tu en mangeras, tu mourras " (Gn 2, 17). " L’arbre de la connaissance du bien et du mal " (Gn 2, 17) évoque symboliquement la limite infranchissable que l’homme, en tant que créature, doit librement reconnaître et respecter avec confiance. L’homme dépend du Créateur, il est soumis aux lois de la création et aux normes morales qui règlent l’usage de la liberté.
Le premier péché de l’homme
397 L’homme, tenté par le diable, a laissé mourir dans son cœur la confiance envers son créateur (cf. Gn 3, 1-11) et, en abusant de sa liberté, a désobéi au commandement de Dieu. C’est en cela qu’a consisté le premier péché de l’homme (cf. Rm 5, 19). Tout péché, par la suite, sera une désobéissance à Dieu et un manque de confiance en sa bonté.
398 Dans ce péché, l’homme s’est préféré lui-même à Dieu, et par là même, il a méprisé Dieu : il a fait choix de soi-même contre Dieu, contre les exigences de son état de créature et dès lors contre son propre bien. Constitué dans un état de sainteté, l’homme était destiné à être pleinementdivinisé " par Dieu dans la gloire. Par la séduction du diable, il a voulu " être comme Dieu " (cf. Gn 3, 5), mais " sans Dieu, et avant Dieu, et non pas selon Dieu " (S. Maxime le Confesseur, ambig. : PG 91, 1156C).
399 L’Écriture montre les conséquences dramatiques de cette première désobéissance. Adam et Eve perdent immédiatement la grâce de la sainteté originelle (cf. Rm 3, 23). Ils ont peur de ce Dieu (cf. Gn 3, 9-10) dont ils ont conçu une fausse image, celle d’un Dieu jaloux de ses prérogatives (cf. Gn 3, 5).
400 L’harmonie dans laquelle ils étaient, établie grâce à la justice originelle, est détruite ; la maîtrise des facultés spirituelles de l’âme sur le corps est brisée (cf. Gn 3, 7) ; l’union de l’homme et de la femme est soumise à des tensions (cf. Gn 3, 11-13) ; leurs rapports seront marqués par la convoitise et la domination (cf. Gn 3, 16). L’harmonie avec la création est rompue : la création visible est devenue pour l’homme étrangère et hostile (cf. Gn 3, 17. 19). A cause de l’homme, la création est soumise " à la servitude de la corruption " (Rm 8, 20). Enfin, la conséquence explicitement annoncée pour le cas de la désobéissance (cf. Gn 2, 17) se réalisera : l’homme " retournera à la poussière de laquelle il est formé " (Gn 3, 19). La mort fait son entrée dans l’histoire de l’humanité (cf. Rm 5, 12).
401 Depuis ce premier péché, une véritable " invasion " du péché inonde le monde : le fratricide commis par Caïn sur Abel (cf. Gn 4, 3-15) ; la corruption universelle à la suite du péché (cf. Gn 6, 5. 12 ; Rm 1, 18-32) ; de même, dans l’histoire d’Israël, le péché se manifeste fréquemment, surtout comme une infidélité au Dieu de l’alliance et comme transgression de la Loi de Moïse ; après la Rédemption du Christ aussi, parmi les chrétiens, le péché se manifeste de nombreuses manières (cf. 1 Co 1-6 ; Ap 2-3). L’Écriture et la Tradition de l’Église ne cessent de rappeler la présence et l’universalité du péché dans l’histoire de l’homme :
Ce que la révélation divine nous découvre, notre propre expérience le confirme. Car l’homme, s’il regarde au-dedans de son cœur, se découvre également enclin au mal, submergé de multiples maux qui ne peuvent provenir de son Créateur, qui est bon. Refusant souvent de reconnaître Dieu comme son principe, l’homme a, par le fait même, brisé l’ordre qui l’orientait à sa fin dernière, et, en même temps, il a rompu toute harmonie, soit par rapport à lui-même, soit par rapport aux autres hommes et à toute la création (GS 13, § 1).
Conséquences du péché d’Adam pour l’humanité
402 Tous les hommes sont impliqués dans le péché d’Adam. S. Paul l’affirme : " Par la désobéissance d’un seul homme, la multitude (c’est-à-dire tous les hommes) a été constituée pécheresse " (Rm 5, 19) : " De même que par un seul homme le péché est entré dans le monde et par le péché la mort, et qu’ainsi la mort est passée en tous les hommes, du fait que tous ont péché... " (Rm 5, 12). A l’universalité du péché et de la mort l’apôtre oppose l’universalité du salut dans le Christ : " Comme la faute d’un seul a entraîné sur tous les hommes une condamnation, de même l’œuvre de justice d’un seul (celle du Christ) procure à tous une justification qui donne la vie " (Rm 5, 18).
403 A la suite de S. Paul l’Église a toujours enseigné que l’immense misère qui opprime les hommes et leur inclination au mal et à la mort ne sont pas compréhensibles sans leur lien avec le péché d’Adam et le fait qu’il nous a transmis un péché dont nous naissons tous affectés et qui est " mort de l’âme " (cf. Cc. Trente : DS 1512). En raison de cette certitude de foi, l’Église donne le Baptême pour la rémission des péchés même aux petits enfants qui n’ont pas commis de péché personnel (cf. Cc. Trente : DS 1514).
404 Comment le péché d’Adam est-il devenu le péché de tous ses descendants ? Tout le genre humain est en Adam " comme l’unique corps d’un homme unique " (S. Thomas d’A., mal. 4, 1) Par cette " unité du genre humain " tous les hommes sont impliqués dans le péché d’Adam, comme tous sont impliqués dans la justice du Christ. Cependant, la transmission du péché originel est un mystère que nous ne pouvons pas comprendre pleinement. Mais nous savons par la Révélation qu’Adam avait reçu la sainteté et la justice originelles non pas pour lui seul, mais pour toute la nature humaine : en cédant au tentateur, Adam et