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Marie et s. Irénée


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Thomas
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MessagePosté le: Mer 25 Juil 2012 - 21:46    Sujet du message: Marie et s. Irénée

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Ces textes ont été pris sur le site
mariedenazareth.com
puisque les membres ne
réussissent pas à entrer sur leur site,
qui semble ne pas passer avec Internet Explorer.


Saint Irénée naquit en Asie mineure dans les premières décennies du second siècle ; jeune, il fut disciple de Polycarpe ; il connut à Rome le pape Eleutherius ; autour au 177 nous le trouvons à Lyon où il fut presbyte et évêque attentif, passionné, large d'idées.
 
Saint Irénée, qui dans sa formation doctrinale se rattache, par Polycarpe, à l'apôtre Jean a laissé à l'Église de tous les temps ce message précis: la vraie théologie chrétienne naît de l'écoute et de la réflexion sur la Parole de Dieu, suivant l'enseignement de la foi de l'Église.
 
  • Le salut, ou la divinisation de l'homme est le cœur de la théologie chrétienne.

 
  • La présence et la contribution libre et responsable de Marie dans l'œuvre du salut a été nécessaire et décisive pour tout le genre humain.

 
Saint Irénée a une importance capitale dans la théologie et dans la mariologie du 2e siècle et pour l'Église de tous les temps: la preuve en est que sa pensée mariale est entrée dans les documents du Concile Vatican II.
____________________
Le Verbe s'est fait chair et il a habité parmi nous et nous avons vu sa gloire. Jean 1, 14 L'humain est un apprenti. L'histoire s'écrit avec Dieu.


Dernière édition par Thomas le Mer 25 Juil 2012 - 22:02; édité 1 fois
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MessagePosté le: Mer 25 Juil 2012 - 21:50    Sujet du message: Marie et s. Irénée

St Irénée : Marie dans la théologie de l'Histoire

La théologie de l'histoire signifie que Dieu a un but lorsqu'il créé le monde. Saint Irénée explique que l'histoire a un sens. De plus après le péché, Dieu a un plan de rédemption, l'histoire devient une histoire de salut.



Le Plan de la création. L’accomplissement du projet de Dieu quand il créa le monde.

Cette dimension donne le sens de l’existence : la vie existe pour un but, un projet divin. Ce but est l’Incarnation : Dieu fait homme pour que les hommes participent de la vie divine. Or, l’Incarnation advient par Marie.



Le Plan de la rédemption. Le salut après le péché.

Cette dimension donne l’espérance dans le combat spirituel. le Christ reprend Adam ; la croix reprend l’arbre de la chute, Marie reprend Ève. C’est une « régénération ». C’est aussi une « récapitulation » où tout retrouve son sens et son orientation, dans le Christ.



Nous voyons donc que Marie se situe au sommet de la « théologie de l’Histoire »*



Marie terre vierge

« Si Adam fut créé par la terre-vierge, non encore travaillée, donc par la vertu et la puissance de Dieu (cf. Gn 2, 4b-7), le nouvel Adam aussi doit avoir ses origines d’une terre-vierge, par la même puissance et la vertu de Dieu. Marie est cette terre-vierge dont Christ se fait "premier-né".»

IRENEE DE LYON, Contres les hérésies, III 18,7 I



Marie mère du nouvel Adam, le fils de l'homme

Marie transmet au Christ toute la réalité humaine d’Adam, pour qu’il soit le nouvel Adam, le Fils de l’homme, le « résumé » de tous les hommes depuis le premier.

Cf. IRENEE DE LYON, Démonstration de la Prédication apostolique § 32



Adam, tenté par Satan, désobéit et chuta, le Christ tenté aussi par Satan, resta fidèle, pour que là où le péché avait abondé surabondât la grâce. Or, la présence et la fonction de Marie dans la réalisation du Salut a été nécessaire et décisive.



Marie "avocate"

Irénée utilise des expressions fortes:

« Car il fallait qu’Adam fut récapitulé dans le Christ, afin que ce qui était mortel fut englouti par l’immortalité, et il fallait qu’Ève le fut aussi en Marie, afin qu’une Vierge, en se faisant l’avocate d’une vierge, détruisit la désobéissance d’une vierge par l’obéissance d’une Vierge. »

IRENEE DE LYON, Démonstration de la Prédication apostolique § 33



Quand à l’Annonciation Marie parle avec l’ange Gabriel et se montre obéissante, elle défend le genre humain, solidaire, elle est «avocate» d’Eve.

(cf. IRENEE DE LYON, Contres les hérésies III,19,1)



Marie défait les noeuds, Marie "cause du salut"

Marie, en accueillant le Salut, est définie "cause de salut" pour ceux à qui Ève avait causé la mort. Marie sait défaire les nœuds de la désobéissance et de la mort.

« Car, de même qu’Ève, ayant pour époux Adam, et cependant encore vierge – car ils étaient nus tous les deux dans le paradis et n’en avaient point honte (Gn 2,25), parce que, créés peu auparavant, ils n’avaient pas de notion de la procréation : il leur fallait d’abord grandir, et seulement ensuite se multiplier (Gn 1,28) – de même donc qu’Ève, en désobéissant, devint cause de mort pour elle-même et pour tout le genre humain, de même Marie, ayant pour époux celui qui lui avait été destiné par avance, et cependant Vierge, devint, en obéissant, cause de salut (cf. He 5,9) pour elle-même et pour tout le genre humain.

C’est pour cette raison que la Loi donne à celle qui est fiancée à un homme, bien qu’elle soit encore vierge, le nom d’épouse de celui qui l’a prise pour fiancée (Dt 22,23-24), signifiant de la sorte le retournement qui s’opère de Marie à Ève.

Car ce qui a été lié ne peut être délié que si l’on refait en sens inverse les boucles du nœud. »

IRENEE DE LYON, Contres les hérésies, III,22,4



Dans son sein virginal, Marie engendre le Christ et régénère tous les hommes

Comme vraie mère, Marie garantit que Dieu a tout assumé de nous jusqu’à devenir "Fils de l’homme", donc nous sommes entièrement assumés et entièrement sauvés. Comme Vierge divinement féconde, Marie garantit que c’est Dieu qui est né d’elle, et qu’ensuite il sauve vraiment : avec sa puissance divine.

(cf. IRENEE DE LYON, Contres les hérésies V, 19,1)



Marie, de son sein virginal, a engendré le Christ, la Tête du corps, à un moment spécial de l’histoire. Dans le Christ, Marie a régénéré pour Dieu tous les membres de l’humanité, autrement dit, son sein maternel reste la source permanente de la régénération des hommes en Dieu.

« Ils ont prêché l’Emmanuel né de la Vierge (Cf. Is 7,14) : par là ils faisaient […] que lui, le Pur, ouvrirait d’une manière pure le sein pur qui régénère les hommes en Dieu et qu’il a lui-même fait pur ; que, s’étant fait cela même que nous sommes, il n’en serait pas moins le "Dieu fort" (Is 9,6), celui qui possède une connaissance inexprimable (Is 53,11) »

(IRENEE DE LYON, Contres les hérésies IV 33, 11)
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MessagePosté le: Mer 25 Juil 2012 - 22:03    Sujet du message: Marie et s. Irénée

Marie, nécessaire et décisive dans le projet salvateur de Dieu

La "re-circulation"

Selon le symbole développé par saint Irénée, le mal contracté par les origines est vaincu par un circuit inverse (re-circulation): le Christ reprend Adam; la croix, l'arbre de la chute, Marie reprend Ève. Chacun des éléments gâtés au moment de la chute est renouvelé à la racine.



Adam, le nouvel Adam

Si Adam fut créé par la terre-vierge, non encore travaillée, donc par la vertu et la puissance de Dieu (cf. Gn 2, 4b-7), le nouvel Adam aussi doit avoir ses origines d'une terre-vierge, par la même puissance et la vertu de Dieu. Marie est cette terre-vierge dont Christ se fait "premier-né":

« Car, de même que, par la désobéissance d'un seul homme qui fut, le premier, modelé à partir d'une terre vierge, beaucoup ont été constitués pécheurs et ont perdu la vie,

ainsi fallait-il que, par l'obéissance d'un seul homme qui est, le premier, né de la Vierge, beaucoup soient justifiés et reçoivent le salut. »[1]



Marie transmet au Christ toute la réalité humaine d'Adam, pour qu'il soit le nouvel Adam, le Fils de l'homme: L'"homme" presque le résumé de tous les hommes depuis le premier.

« Or, d'où provenait la substance du premier homme ? De la volonté et de la sagesse de Dieu et d'une terre vierge : "car Dieu n'avait pas encore fait pleuvoir", dit l'Écriture, avant que l'homme fut fait, "et il n'y avait pas encore d'homme pour travailler la terre (Jn 1,14)". C'est donc tandis qu'elle était encore vierge que « Dieu prit du limon de la terre et en modela l'homme (Gn 2,5) pour qu'il fut le point de départ de l'humanité. Comme c'était cet homme même qu'il récapitulait en lui, le Seigneur reçut donc une chair formée selon la même "économie" que celle d'Adam, en naissant d'une Vierge par la volonté et la sagesse de Dieu, afin de montrer lui aussi une chair formée d'une manière semblable à celle d'Adam et de se faire cet homme même dont il est écrit qu'il était, à l'origine, à l'image et à la ressemblance de Dieu. »[2]



Adam, tenté par Satan, désobéit et chuta. Le Christ, tenté lui aussi par Satan, resta fidèle, pour que là où le péché avait abondé, surabondât la grâce.



Eve, Marie nouvelle Eve

D'une manière analogue au rapport Adam-Christ et dans le même contexte, saint Irénée développe l'antithèse Ève-Marie déjà ébauchée par Justin :

« Parallèlement au Seigneur, on trouve aussi la Vierge Marie obéissante, lorsqu'elle dit : Voici ta servante, Seigneur ; qu'il me soit fait selon ta parole (Lc 1,38). Ève, au contraire, avait été désobéissante : elle avait désobéi, alors qu'elle était encore vierge. Car, de même qu'Ève, ayant pour époux Adam, et cependant encore vierge - car ils étaient nus tous les deux dans le paradis et n'en avaient point honte (Gn 2,25), parce que, créés peu auparavant, ils n'avaient pas de notion de la procréation : il leur fallait d'abord grandir , et seulement ensuite se multiplier (Gn 1,28) - de même donc qu'Ève, en désobéissant, devint cause de mort pour elle-même et pour tout le genre humain, de même Marie, ayant pour époux celui qui lui avait été destiné par avance, et cependant Vierge, devint, en obéissant, cause de salut (cf. He 5,9) pour elle-même et pour tout le genre humain. C'est pour cette raison que la Loi donne à celle qui est fiancée à un homme, bien qu'elle soit encore vierge, le nom d'épouse de celui qui l'a prise pour fiancée (Dt 22,23-24), signifiant de la sorte le retournement qui s'opère de Marie à Ève. Car ce qui a été lié ne peut être délié que si l'on refait en sens inverse les boucles du nœud. »[3]



Dans le plan salvateur, tel que Dieu l'a projeté et voulu, doivent être soulignées quelques lignes théologiques d'une valeur considérable sur le plan mariologique :



La présence et la fonction de Marie dans la réalisation du Salut a été nécessaire et décisive.

Irénée, en effet, dans deux textes où il énonce les grandes lignes du projet de Dieu, présente et introduit la fonction de Marie avec deux expressions fortes:

« Parallèlement au Seigneur, on trouve aussi la Vierge Marie obéissante »[4].

« Car il fallait qu'Adam fut récapitulé dans le Christ, afin que ce qui était mortel fut englouti par l'immortalité, et il fallait qu'Ève le fut aussi en Marie, afin qu'une Vierge, en se faisant l'avocate d'une vierge, détruisit la désobéissance d'une vierge par l'obéissance d'une Vierge. »[5]



Marie, en accueillant le Salut, devient « auteur de salut ».

Marie docile au message de l'ange (Lc 1,38) est définie "cause de salut" pour ceux à qui Ève avait causé la mort par la désobéissance. Marie est présentée dans l'acte de défaire les nœuds de la désobéissance et de la mort.



Marie, à l'Annonciation du Seigneur, est « l'avocate » d'Ève dans le sens de « celle qui défend le genre humain ».

Le dialogue salvifique entre la vierge Marie et Gabriel est vu par Irénée non seulement en opposition nette avec l'entretien mortel entre Ève et le serpent, mais il est perçu comme un geste solidaire de Marie avec le genre humain et comme une action de défense :

« Et, de même que celle-là avait été séduite de manière à désobéir à Dieu, de même celle-ci se laissa persuader d'obéir à Dieu, afin que, de la vierge Ève, la Vierge Marie devint l'avocate; et, de même que le genre humain avait été assujetti à la mort par une vierge, il en fut libéré par une Vierge, la désobéissance d'une vierge ayant été contrebalancée par l'obéissance d'une Vierge. »[6]



Conclusion

Le travail de saint Irénée est important. Au 3e siècle, nous pourrons dire que c'est une donnée définitivement reçue et fixée dans le symbole apostolique : Marie, vierge et mère, a une présence nécessaire et une fonction active et décisive dans le plan salvateur de Dieu.



[1] IRENEE de LYON, Contres les hérésies, III 18,7 ; source chrétiennes 211, Paris, Cerf 1974, p. 369-371

[2] IRENEE de LYON, Démonstration de la Prédication apostolique, 32 - par A.ROUSSEAU, dans Sources chrétiennes 406, Cerf, Paris, 1995, p. 129

[3] IRENEE de LYON, Contres les hérésies, III, 22, 4

[4] IRENEE de LYON, Contre les hérésies, III, 22, 4

[5] IRENEE de LYON, Démonstration de la Prédication apostolique 33

[6] IRENEE de LYON, Contres les hérésies, 19, 1

A. Gila
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MessagePosté le: Mer 25 Juil 2012 - 22:04    Sujet du message: Marie et s. Irénée

Marie, avocate (St Irénée)

Saint Irénée (†180 environ) utilise des expressions fortes:

« Car il fallait qu’Adam fut récapitulé dans le Christ, afin que ce qui était mortel fut englouti par l’immortalité, et il fallait qu’Ève le fut aussi en Marie, afin qu’une Vierge, en se faisant l’avocate d’une vierge, détruisit la désobéissance d’une vierge par l’obéissance d’une Vierge. »

IRENEE DE LYON, Démonstration de la Prédication apostolique § 33



Quand à l’Annonciation Marie parle avec l’ange Gabriel et se montre obéissante, elle défend le genre humain, solidaire, elle est «avocate» d’Eve.

(cf. IRENEE DE LYON, Contres les hérésies III,19,1)



Après les titres contenus dans les évangiles - Vierge (Lc 1, 34), Bienheureuse (Lc 1, 45), mère du Seigneur (Lc 1, 43), mère du disciple (Jn 19, 27) - le titre de Marie "avocate" est donc l'un des plus anciens titres donnés à Marie.



Françoise Breynaert
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MessagePosté le: Mer 25 Juil 2012 - 22:05    Sujet du message: Marie et s. Irénée

La Vierge Mère, fondement historique et garantie du Salut

Le salut, explique saint Irénée, est le pont qui fait descendre Dieu dans l'homme et transporte l'homme en Dieu.

Le Christ est le salut dans son être propre, parce qu'il s'est fait homme (= Dieu se fait homme pour que l'homme devienne Dieu.)

En tant qu'il est Dieu, il a le pouvoir de sauver et il sauve, il divinise; en tant qu'il est homme, il communique aux hommes le salut, c'est-à-dire la divinisation.



Marie, la Vierge-mère est donc la base historique qui garantit que le salut s'est vraiment accompli :

- Vraie mère, elle garantit que Dieu a assumé tout de nous jusqu'à devenir "Fils de l'homme", donc nous sommes sauvés ;

- Vierge divinement féconde, elle garantit que Dieu vraiment est né d'elle, et qu'ensuite il sauve vraiment.



Professer la maternité virginale veut donc dire accueillir le Christ comme "Emmanuel de la Vierge", ou comme Sauveur. Voilà pourquoi la maternité virginale constitue un article fondamental de foi et la condition indispensable pour participer au salut :



« Ceux qui prétendent qu'il n'est qu'un pur homme engendré de Joseph demeurent dans l'esclavage de l'antique désobéissance et y meurent, n'ayant pas encore été mélangés au Verbe de Dieu le Père et n'ayant pas eu part à la liberté qui nous vient par le Fils, selon ce qu'il dit lui-même : Si le Fils vous affranchit, vous serez vraiment libres (Jn 8,36). Méconnaissant en effet l'Emmanuel né de la Vierge (Is 7,14), ils se privent de son don, qui est la vie éternelle ; n'ayant pas reçu le Verbe d'incorruptibilité, éternelle ; n'ayant pas reçu le Verbe d'incorruptibilité, de la mort, pour n'avoir pas accueilli l'antidote de vie. »[1]



[1] Saint Irénée, Contres les hérésies III,19,1, Sources chrétiennes 211, par A.ROUSSEAU, Paris, Cerf 1974, p.371

A. Gila
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MessagePosté le: Mer 25 Juil 2012 - 22:05    Sujet du message: Marie et s. Irénée

Présence permanente de Marie dans le Salut (St Irénée)

Saint Irénée (2° siècle) explique la présence permanente de Marie dans le salut.



Le mystère du Verbe incarné dépasse le moment historique, et il le remplit de sa présence qui sauve tous les temps. Non seulement parce qu'il est Dieu, mais parce que c'est le Dieu incarné. Mais sa chair est reçue de Marie.



Marie, de son sein virginal, a engendré le Christ, la Tête du corps, à un moment spécial de l'histoire, et dans le Christ, elle a régénéré pour Dieu tous les membres de l'humanité:

« D'autres encore ont dit : "Il est homme, et pourtant qui le connaîtra ?" (Cf. Jr 17,9) et encore : "J'allai vers la prophétesse et elle mit au monde un fils ; son nom est : Conseiller merveilleux, Dieu fort" (Is 8,3 ; 9,6), et ils ont prêché l'Emmanuel né de la Vierge (Cf. Is 7,14) : par là ils faisaient connaître l'union du Verbe de Dieu avec l'ouvrage par lui modelé, à savoir que le Verbe se ferait chair, et le Fils de Dieu, Fils de l'homme ; que lui, le Pur, ouvrirait d'une manière pure le sein pur qui régénère les hommes en Dieu et qu'il a lui-même fait pur ; que, s'étant fait cela même que nous sommes, il n'en serait pas moins le "Dieu fort" (Is 9,6), celui qui possède une connaissance inexprimable (Is 53,11) »[1]



La présence de Marie donc, la Vierge-mère, présence certes indirecte et instrumentale, s'étend autant que s'étend le Mystère du Verbe son Fils. Marie est une immanence dans le mystère qui sauve: et son sein maternel reste la source permanente de la régénération des hommes en Dieu.



[1] Saint Irénée, Contres les hérésies IV 33, 11, Sources chrétiennes 100, par A.ROUSSEAU, Cerf, Paris, 1965

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MessagePosté le: Mer 25 Juil 2012 - 22:06    Sujet du message: Marie et s. Irénée

Marie et l’Église (St Irénée)

En liant la naissance virginale de Jésus et celle des chrétiens opérée à travers la foi et le baptême, saint Irénée introduit presque une identité de la Mère du Christ avec la Mère-église:



« Comment l'homme ira-t-il à Dieu si Dieu n'est pas venu à l'homme ? Comment les hommes déposeront-ils la naissance de mort, si ce n'est pas dans une naissance nouvelle, donnée contre toute attente par Dieu en signe de salut, celle qui eut lieu du sein de la Vierge qu'ils sont régénérés par le moyen de la foi ? »[1]



Saint Irénée passe ainsi de Marie à l'Église en appliquant à celle-ci tout ce qui arriva pour la Vierge Mère.



[1] IRENEE de LYON, Contres les hérésies IV 33, 4 dans SC 100, par A.ROUSSEAU, Cerf Paris, 1965, p. 811-813

A Gila
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MessagePosté le: Mer 25 Juil 2012 - 22:06    Sujet du message: Marie et s. Irénée

Marie, nouvelle Eve, défait les noeuds (St Irénée)

Marie défait les nœuds… Il s'agit d'une vérité spirituelle comprise par un père de l'Eglise primitive, disciple de Polycarpe, disciple de l'évangéliste saint Jean : le grand saint Irénée.



Marie défait les noeuds, Marie "cause du salut"

Marie, en accueillant le Salut, est définie "cause de salut" pour ceux à qui Ève avait causé la mort. Marie sait défaire les nœuds de la désobéissance et de la mort.

« Car, de même qu’Ève, ayant pour époux Adam, et cependant encore vierge – car ils étaient nus tous les deux dans le paradis et n’en avaient point honte (Gn 2,25), parce que, créés peu auparavant, ils n’avaient pas de notion de la procréation : il leur fallait d’abord grandir, et seulement ensuite se multiplier (Gn 1,28) – de même donc qu’Ève, en désobéissant, devint cause de mort pour elle-même et pour tout le genre humain, de même Marie, ayant pour époux celui qui lui avait été destiné par avance, et cependant Vierge, devint, en obéissant, cause de salut (cf. He 5,9) pour elle-même et pour tout le genre humain.

C’est pour cette raison que la Loi donne à celle qui est fiancée à un homme, bien qu’elle soit encore vierge, le nom d’épouse de celui qui l’a prise pour fiancée (Dt 22,23-24), signifiant de la sorte le retournement qui s’opère de Marie à Ève.

Car ce qui a été lié ne peut être délié que si l’on refait en sens inverse les boucles du nœud. »

Saint Irénée, Contres les hérésies, III,22,4



En mettant en évidence l'impact social et les effets universels de l'adhésion de la Vierge au projet salvateur de Dieu, cette typologie "Eve-Marie" contribue au développement du culte d'invocation.
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MessagePosté le: Mer 25 Juil 2012 - 22:07    Sujet du message: Marie et s. Irénée

Le Magnificat commenté par Saint Irénée, le theologien de l'histoire du salut

Saint Irénée (130-202 environ) est réputé comme le grand théologien de l’histoire du salut.



Avec une intuition perspicace, il relève le lien existant entre l’allégresse d’Abraham et l’exultation de la Vierge :

« "Mon âme glorifie le Seigneur, et mon esprit a exulté en Dieu mon Sauveur." L’exultation d’Abraham descendait de la sorte en ceux de sa postérité qui veillaient, qui voyaient le Christ et qui croyaient en lui ; mais cette même exultation revenait aussi sur ses pas et remontait des fils vers Abraham qui, déjà, avait désiré voir la venue du Christ. »[1] (cf. Jn 8,56).



De plus, Irénée voit la Vierge du Magnificat chanter le salut comme celle qui exulte et prophétise au nom de l’Eglise :

« Marie, exultant de joie, s’écriait prophétiquement au nom de l’Eglise : "Mon âme glorifie le Seigneur et mon esprit a tressailli d’allégresse en Dieu, mon sauveur… Car il a recueilli Israël son enfant, pour se souvenir de sa miséricorde (comme il l’avait dit à nos pères) à l’égard d’Abraham et de sa descendance pour toujours." »[2]



Il est significatif de voir que pour Irénée le Magnificat relie indissolublement Israël et l’Eglise, l’Ancien et le Nouveau Testament.



Avec son cantique, Marie apparaît d’une part comme la synthèse et la porte parole de l’exultation d’Israël son peuple, et de l’autre, comme l’anticipation prophétique de l’expérience joyeuse de l’Eglise du Christ.



Cette ample perspective du cantique de la Vierge est la conséquence de la place centrale que la Vierge occupe dans le plan du salut.



[1] AH IV, 7, 1 : SC 100, p. 456-458

[2] AH III, 10,2 : SC 34, p. 105
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MessagePosté le: Mer 25 Juil 2012 - 22:19    Sujet du message: Marie et s. Irénée

La résurrection des justes, résurrection de la chair (St Irénée)

Saint Irénée traite de la fin des temps dans son œuvre « Contre les hérésies (AH) », au livre V chapitre 25 à 36. Le titre de cette partie est « L'identité du Dieu créateur et du Dieu Père prouvée par l'enseignement des Ecritures relatif à la fin des temps. »

Dans les chapitres 25 à 30, Irénée évoque l'Antéchrist et le jugement dernier. Ceux qui ont participés à l'apostasie seront envoyés au feu éternel tandis que les justes seront appelés au royaume éternel (AH 28, 1).

C'est après cela qu'Irénée donne un enseignement sur la résurrection des justes, résurrection de la chair (AH 31-36).

Cet enseignement d'Irénée met en lumière la fidélité de Dieu a sa création et la cohérence de son dessein.



Les justes connaîtront une résurrection de la chair, tout comme le Seigneur avant eux :



« Si donc le Seigneur lui-même a observé la loi des morts, pour devenir le Premier-né des morts (Col 1, 18), s'il a séjourné trois jours dans les régions inférieures de la terre (Eph 4, 9), s'est est ensuite ressuscité dans la chair, de façon à pouvoir montrer à ses disciples jusqu'aux marques des clous (Jn 20, 25), et si après tout cela seulement il est monté vers son Père, comment ne rougissent-ils pas, ceux qui prétendent que les enfers s'identifient avec notre monde et que leur 'homme intérieur', laissant ici-bas le corps, doit monter sans le lieu supra-céleste ? » (AH 31, 2).



Lors de la résurrection de la chair, les justes règneront sur le monde.

L'Apocalypse nous dit qu'il y aura une résurrection des justes (Ap 20, 4). Cette résurrection des justes est distincte de la résurrection générale, et elle la devance (Ap 20, 5). Il s'agit aussi d'un règne des justes avec le Christ Jésus (Ap 20, 4). Jésus avait d'ailleurs annoncé un tel règne (Mt 19, 28).



« Il est juste, en effet, que dans ce monde même où ils ont peiné et ont été éprouvés de toutes manières par la patience, ils recueillent le fruit de cette patience ; que, dans le monde où ils ont été mis à mort à cause de leur amour pour Dieu, ils retrouvent la vie ; que dans le monde où ils ont enduré la servitude, ils règnent. Car Dieu est riche en tous biens, et tout lui appartient. Il convient donc que le monde lui-même, restauré en son état premier, soit, sans plus aucun obstacle, au service des justes. C'est que l'apôtre fait connaître dans son épître aux romains lorsqu'il dit : "Car la création en attente aspire à la révélation des fils de Dieu: si elle fut assujettie à la vanité, -- non qu'elle l'eût voulu, mais à cause de celui qui l'y a soumise, -- c'est avec l'espérance d'être elle aussi libérée de la servitude de la corruption pour entrer dans la liberté de la gloire des enfants de Dieu." (Rm 8, 19-21) » (AH V, 32, 1)



La résurrection de la chair accomplira les anciennes prophéties :



Beaucoup de prophéties n'ont pas encore été accomplies, elles seront accomplies lors de la résurrection des justes. Ainsi :

- La parole de Jésus « Bienheureux les doux, ils possèderont la terre en héritage » (Mt 5, 5) (AH 32, 2) ;

- La parole de Jésus annonçant qu'il ne boira plus de vin jusqu'au jour où il en boira « du nouveau avec vous dans le royaume de mon Père » (Mt 26, 29) - Et Irénée insiste qu'il faut bien parler de résurrection de la chair car « la boisson tirée de la vigne a trait à la chair » (AH 33, 1).

- S'accomplira aussi la prophétie d'Isaïe 11, 6-9 où le lion comme le bœuf mangera de la paille - quelle sera alors cette paille capable de nourrir un lion s'émerveille Irénée (AH 33, 4).

- Jérusalem sera rebâtie avec des pierres précieuses et ses enfants seront dans une grande paix (Isaïe 54, 11-14). (AH 34, 4).



« Toutes les prophéties de ce genre se rapportent sans conteste à la résurrection des justes, qui aura lieu après l'avènement de l'Antéchrist et l'anéantissement des nations soumises à son autorité. » (AH 35, 1)



La résurrection de la chair offre une adaptation aux réalités spirituelles:



« Toutes les prophéties de ce genre se rapportent sans conteste à la résurrection des justes, [...] alors les justes règneront sur la terre, croissant à la suite de l'apparition du Seigneur ; ils s'accoutumeront, grâce à lui, à saisir la gloire du Père et, dans ce royaume, accéderont au commerce des saints anges ainsi qu'à la communion et à l'union avec les réalités spirituelles. » (AH 35, 1).

Une fois que la résurrection de la chair a préparé les justes à l'union avec les réalités spirituelles, Satan et les impies sont jetés dans l'étang de feu, c'est-à-dire la seconde mort, la terre disparaît et adviennent les cieux nouveaux et la terre nouvelle sur laquelle descendra la Jérusalem céleste (AH 35, 2, cf. Apocalypse 21).



C'est dans ce contexte que saint Irénée cite 1Co 15, 27-28. Le règne du Christ évoqué par saint Paul dans ce bref passage est donc interprété pour le temps de la résurrection des justes (AH 36, 2).

Aussitôt après, Irénée conclut :

« Ainsi donc, de façon précise, Jean a vu par avance la première résurrection, qui est celle des justes, et l'héritage de la terre qui doit se réaliser dans le royaume. » (AH 36, 3).



N.B. De tout cela il ressort que saint Irénée n'est pas millénariste.

Le millénarisme est une imposture qui produit des faux messies[1].

L'hérésie du millénarisme consiste à confondre ce règne (après la résurrection des justes - qui évidemment n'a pas eu lieu) avec tel ou tel régime politique ou religieux.

Saint Irénée n'est pas millénariste. Irénée suit le livre de l'Apocalypse qui parle d'une résurrection des justes et d'un règne des justes avec le Christ (Ap 20, 4) acheminant cette terre vers sa disparition (Ap 20, 11) et la venue d'une terre nouvelle recevant la Jérusalem céleste (Ap 21, 1-2). Il s'agit d'un au-delà que nous ne devons pas scruter avec nos yeux matériels !



Dimension mariale :

L'enseignement d'Irénée sur la résurrection des justes, résurrection de la chair, met en lumière la fidélité de Dieu a sa création et la cohérence de son dessein. Irénée n'évoque rien du mystère de l'Assomption de Marie en son âme et en son corps, mais les fondements bibliques et théologiques sont présents.



AH : Saint Irénée, Contre les hérésies.

[1] Catéchisme de l'Eglise catholique § 676 ; Jean Paul II, Tertio Millenio Adveniente § 23
____________________
Le Verbe s'est fait chair et il a habité parmi nous et nous avons vu sa gloire. Jean 1, 14 L'humain est un apprenti. L'histoire s'écrit avec Dieu.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 22:55    Sujet du message: Marie et s. Irénée

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